‹ Sainte Brigitte de Suède, sa vie, ses révélations et son œuvreChapitre 106 sur 132 · ar · texte numérisé non relu

ar

2. Sous Urbain VIII, la solennité fut transférée du 7 octobre au 8 ; cependant la Suède et la Pologne obtinrent de continuer à la célébrer au jour anniversaire de la cauonisalion [Anaiecta Juris pttniificH, 'î*. Sfr, 1864, c. 201f|o832) Restée semi-double jusqu'en 172i, la fête de Brigitte fut élevée au rang de fête double par Innocent XIII. Nous tirons ces indications d'un calendrier du xvi' siècle (God. A. 29, Bià, Roy. dt Stockkolm).

eut lieu rexallation des reliques. L'archevêque d'Upsal et quatre de ses suffragants portèrent la châsse sur lé maitre-autel du sanctuaire qu'on bâtissait pour remplacer Ja chapelle brûlée cinq ans auparavant ^

L'affluence des pèlerins, la protection sensible que Brigitte étendit sur ses fidèles durant leurs voyages au monastère, les prodiges qu'elle fit en leur faveur, dépassèrent toute espérance. Maintenant ce n'étaient plus seulement les Suédois qui priaient près^ des reliques ; les étrangers accouraient de tous les points du Nord. La reine Marguerite, que les affaires des trois royaumes retenaient dans ses États au moment où sa grande sujette était canonisée, obtint du saintsiège une faveur, trop facilement accordée, hélas! par Boniface IX*. Durant une période de Tannée 1394, tous les pèlerins obtinrent à Yadstena les indulgences du jubilé de Rome. On conçoit quelles multitudes s'agenouillèrent au tombeau de la sainte nationale quand on compte les i 0.000 marcs d'argent laissés an couvent en aumônes \ La vue de l'or, de cet or si redouté par Brigitte pour sa postérité spirituelle, éveilla en Tabbesse Ingegerd les instincts de cupidité

L*autel de Brigitte fut enrichi d'indulgences lors de son érection en 1392. {Aota SS. 477-478.)

1. Les travaux étaient peu avancés. En 1398, Féglise restait encore un édifice provisoire de bois, nous dit Tabbesse Marguerite Clausdotter {Cfiron. 213).

2. SVENSKT DlPLOMATARIDM UTGIFVET AF RlKS-ÀRCHIVET GBNOM C. Sîlf-

verstolpe, Stockholm, 1875-1885. I. n'» 62, 63. — Fleury XX, itl.

3. La moitié de ces offrandes qui représentaient Taumône ordinaire du jubilé, plus ce qu'aurait coûté aux pèlerins le voyage, fut envoyée au souverain pontife. L'autre moitié, gardée à Vadstena, devait être affectée à l'achèvement du monastère. KL i Vad». tO. — Siper, Ilisi, il. 160.

héréditaires dans sa race paternelle. Oublieuse de son vœu de pauvreté, elle disposa selon son gré des biens de Yadstena. Il lui fallut des complices, aussi ne la calomnia-t-on point, peut-être, en assurant qu'après avoir manqué àTun de ses vœux elle viola les autres. Catherine de Suède n'avait-elle pas du reste prévu, dès le noviciat de Tabbesse, les critiques dont, par sa faute,. Tordre deviendrait l'objet ? Cette affaire, qui divisa les Birgittins, fut portée en cour de Rome. Malgré l'appui que le nouvel évéque de Linkœping donnait à Ingegerd, sa petite-nièce, elle fut contrainte de remettre la crosse à Gerdica, simple bourgeoise de Skeninge. Mais elle sut du moins accepter le châtiment ; une sincère pénitence lui obtint le pardon du ciel ', et sa famille religieuse se souvint des faveurs que Tabbesse déposée avait obtenues.

Sous le règne d'Ingegerd, l'influence de l'ordre était, en effet, considérable. L'Italie avait appelé les Birgit* tins dès 1394 pour fonder, aux portes de Florence, le monastère de Paradiso *. Peu après, quelques moines

1. Protestatio contra Ingegerdem, Diplom, I. n' 258. Bulla Bonifacii IX. 3 nov. 1402 et 5 fev. 1403. - Diar. 1412. Uévêque de Linkœping Canut (Natt och Dag^ resta pourtant le zélé protecteur du couvent qui avait contraint Ingegerd de renoncer à sa charge En 1420, il mitigea les constitutions du prieur d^Alvastra, et les imposa au monastère. Ces constitutions (Constitutiones «en addiciones ad Regalam SaWatoris per Petrum Ola^ii priorem de monasterio de Alvastro confirmât» a Kanuto Epitc. Liacopense an. 1420. Cod.A. 45 Bib, roij. de Sl^'Ckhobn, publiées dans tes Uppen, V, 53 55^ complétées par le Lncidarium (dont le texte latin original a paru en partie au t II de la revue finlandaise His- TORiALNiEN Arkisto, 90, Il ', //ehifiy/'ors, 1868), continuèrent à être maintenues par les visiteurs; l'ordonnance de 1455 le prouve. Gfr. Stadi a af 1455 fôr Yadstena Kloster. {Uppen, V. 129139, d'après le Cod. 9 de ta bib. roy. de Stockholm.)

2. Offert par Antoine Âffroudeno. — Diar, 1394. — NaehriehtBn, 210-

s'installaient à Rome dans la maison où la sainte était morte. L'entreprise offrait des difficultés. La donation faite à Brigitte, puis à sa famille spirituelle, par Françoise des Papuzeri était contestée; il fallut s*en remettre à un arbitre, Gentile Orsini ^ qui donna gain de cause aux Birgittins. Ceux-ci comprirent Timportance qu'il y aurait pour leur ordre, le seul national, à être représenté à Rome, où il deviendrait Tintermédiaire entre Tépiscopat suédois et la curie romaine. Ils offrirent donc aux évéqueâ le palais Papuzeri, pour y faire un Hospùiumh l'usage des voyageurs ecclésiastiques du Nord. Cette proposition était fort à l'avantage des Birgittins, puisqu'elle leur permettait de garder sous leur direction tout le clergé Scandinave qui venait au tombeau des apôtres. Elle fut acceptée en 1396 par le concile provincial d'Arboga *.

Ingegerd avait maintenu des rapports excellents avec le saint-siège; une bulle de 1399 assurait au confesseur général de Yadstena le rang de prélat et lui donnait droit de visite dans tous les monastères présents et futurs ^. La grande reine qui venait en 1397 de faire décréter à Calmar l'union de ses trois royaumes,

211. Ce monastère fut tout de suite très important. Le 10 juin iAOb {Dipl. I. n' 598). nous voyons les chefs du parti guelfe de Florence écrire à Yadstena pour réclamer de nouveaux sujets et des reliques do sainte Brigitte, puis le môme jour (^/>/p/. /, n' 599; adresser aussi ces requêtes à Tévèque de Linkœping.

1. On ne sait si ce Gentile était le fils du comte Latino, guéri par Brigitte, ou l'un des flis cadets du comte de Noie.

2 £n même temps, la vénérable assemblée reconnaissait la fondatrice de Yadstena comme l'une des patronnes du royaume, et déclarait que le 7 octobre on célébrerait sa fête oans tout le pays. ~ Acla SS. 478. — Oen* Sven.Kolon. i Hom. 211-217.

Page 1