‹ Sainte Brigitte de Suède, sa vie, ses révélations et son œuvreChapitre 107 sur 132 · Diplom. I. an. 1403, n«« 329, 330, 331. — Diar · texte numérisé non relu

Diplom. I. an. 1403, n«« 329, 330, 331. — Diar

n^avait point été poussée à la rancune par l'abbesse déposée. Bien loin d'être malveillante, elle croyait, durant ses rêves, voir Brigitte lui recommander l'ordre du Sauveur ; elle se laissait déposséder en faveur du couvent des droits de suzeraineté qu'elle avait sur la ville; enKn elle s'affiliait à la confrérie de frères et de sœurs ab extra *. Auprès de sa propre famille, Ingegerd restait le soutien de la famille spirituelle qui Tavail châtiée. Quand le neveu et héritier de Marguerite, Eric de Poméranie, épousa Philippa d'Angleterre, cette princesse eut pour grande maîtresse de sa maison la sœur cadette de l'ancienne abbesse ^. Aussitôt (ngegerd tourna vers son monastère les regards de la future reine. Philippa vint à Vadstena, et l'un des seigneurs anglais de sa suite ' offrit à Tordre son manoir de Hintrim. Il y entretint à ses frais une colonie birgittine jusqu'à ce qu'Henri V, en actions de grâces de la victoire d'Azincourt, fonda pour l'ordre du Sauveur,

i. Ils imitaient dans le monde les vertus de la châtelaine d'Ulfasa ou se réfugiaient à l'ombre du monastère, comme jadis la vénérable veuve chez les Cisterciens. Les auteurs modernes ont à tort nommé cette association un tiers ordre. Elle n'en eut aucun des caractères et ne reçut point d'approbation pontificale ; elle n'était , disent aujourd'hui les Birgittines , qu' c une sorte de confrérie ». (Cfr. î^achr. 37.) Plusieurs membres des familles royales des Bonde et de8Vasas*y firent inscrire, aussi M Hammerich la croit-il un refuge pour l'aristocratie, idée plus fausse encore, car rien ne ressemble moins à un chapitre noble.

8. Catherine Knutsdotier, veuve de Jon Hafnorsson Roos, seigneur d'Erdvalla. — Dinr. 1406 U07.U!3. - Kl. i Va<hiena, 17.

3. Sir Henry Fitzhugh de Ravenswaler. Apprenant le récent miracle par lequel la mainte avait sauvé la vie d'un prédicateur italien célèbre, Tévéquc Robert, envoyé de Rome en Ecosse, se souvenant peut-être aussi du témoignage rendu par Brigitte à Thomas de Canterbury {Hev. 111. l3^, il désira attirer les Birgittios en Angleterre. Cfr. Diar. an, li06. ~ ICI. i Vadstena, 25.

Î5S8 SAINTE BBIGITTE.

vis-à-vis de Richmond, le splendide monastère de Syon-llouse *.

Cependant la nouvelle abbesse rétablissail les finances dilapidées de Tordre. L'indulgence plénière qu'elle avait obtenue du pape pour ceux qui, chaque année, visiteraient Yadsiena le dimanche doLâ?^are', attirait des pèlerins dont les aumônes permettaient de continuer les travaux du sanctuaire et d'accepter diverses offres de fondations. En 1407, le grand maître de l'ordre Teutonique appela les Birgittins aux environs de Revel '. De là partirent les premiers habitants des monastères de Ltibeck et de Stralsund \ L'ennemi des moines guerriers, le roi de Pologne Ladislas II, célébra sa vîc-

1. DIar. 1406-1415. — The History of the ancient Abbeys, by J. Stevens. London, II. 1723, 333. — Sir W. Dugdale. (Monasticon Anglicanum. H, 360), publie la belle charte du roi Henri V, donnée aussi par les Analecta Jur. Ponlif. 5». 5cr., 1861, c. 546. — G. P. WUhelm Freiherr von Nettelbla, Vorlftufige knrsgefasste Nachricht Yon einigen Kldstern der fleiligen Schwedischen Birgitta. Frankfvrt^ Wohler, 1766, 9, 13. — KL i VadsL 19. - History of the Inglish Bridgittine Nuns. Plymouih, Brendon, 1886, 5, 6. Il est hors de doute que malgré Tenvei de nouveaux sujets de Vadstena à Syon-House en 1415, Henri V ne fit que donner un monastère aux frères et aux sœurs établis À Hintrim. La preuve existe de nos jours, puisque les religieuses du couvent actuel de Syon-House disent un office anniversaire pour le repos de Tâme de Sir Henri Fitzhugh, inscrit dans leur obituaire. (Lettre de S' Mary Ceciliaof Je&iis, Syon Abbey, may 17, 1888.) Dès 1420, la profession de 27 religieuses, de 5 prêtres, de 2 diacres et de 4 convers, tous sujets du roi d'Angleterre, ôta au couvent, placé sous la crosse d*unc abbesse indigène, son cachet étranger.

2. Ce pardon était en tout semblable à celui qu*on gagnait le 2 août à la Portioncule. Au pignon oriental de la chapelle, une plaque de marbre rouge porte une inscription tirée des Révélations (IV, 137). Elle indique que les indulgences ont été accordées à la sainte par Jésus- Christ lui-même.

3. A Mariendal. — ûiar, 1407. ~ Nettelbla 23, 30. — Aoc/t. 127.

4. Marienwald et Marienkrona. — Diar. 1416. — Nettelbla. 30, 51. — Nach. 181-133.

toire en fondant près du champ de bataille où il les avait défaits un couvent birgittin ^.

Sur ces entrefaites, Marguerite manifesta l'intention d*ouvrir le Danemark à l'ordre suédois. Avant qu'elle pût exécuter son projèl, elle fut surprise par la mort ; au cours de Tannée 1412, la reine et son amie Ingegerd quittèrent ce monde, où toutes deux déployaient une rare activité, et elles allèrent recueillir le salaire de leurs seuls actes véritables : ceux dont Dieu était le principe et l'objet. Le successeur de Marguerite, Eric XIIl^ vint apporter de riches aumônes à Yadstena; il entendait donner suite au projet de sa tante et peupler le monastère qu'elle avait bâti à Laaland^ Trois ans après, la colonie était assez florissante pour qu^une autre s'implantât par ses soins dans la patrie de saint Anschaire '. En 1426, l'année même où le Paradiso de Florence fondait un couvent à Gènes S la sœur d'Eric XIII, qu'on avait enlevée du noviciat de Yadstena, pour la marier au fils de l'empereur, appelait les Birgittins en Bavière et leur donnait Gnadenberg, d'où l'évéque d'Augsbourg tira des sujets pour Mayingen ^ La Norvège appela les Birgittins danois près de Bergen, dans la célèbre abbaye de Munkalif ^ En même temps , Stralsund peuplait

i. Transporté plus tard à Lublin.

2. Maribo. — Diar. Ut3, 1416. — Nettelbla. 14, âO. — iVacA. 124, 125.

3. Mariagers. Enumeratio Monasteriorum Ordinis Birgittae, publiée diaprés le cod. A. 23 de la bibliothèque royale de Stockholm. Scrip III. 297-^98. — Soer. tti^. H. 159, 160 et 163 ; les fig. 130, 131, 132, représentent les couvents de Marieiidal et de Mariagers.

i Scala Cœli. Nach. 211. C'est à l'abbesse et aux religieuses de ce monastère que le P Burlamacchi dédia en 1692 sa Vie de sainte Brigitte. 5 Maison fondée par le comte d'OEttingen en accomplissement d'un vœu. 6. Diar, 1434. -* Nettelbla, 20, 22. — De Norske Uostres Historia

Maria-Forst de Cologne et le monastère hollandais de Maria-Koudewater *, qui luî-méme fonda des couvents àKempis, Ulrechl, Dendermonde, et jusqu'en Prusse *. Lorsque la réunion du concile de Constance fit espérer la paix de TEglise, les trois royaumes unis par le traité de Calmar et quelques souverains étrangers prièrent la vénérable assemblée et le pape Jean XXIII d'approuver la règle du Saint-Sauveur, les révélations, et de confirmer la canonisation de Brigitte. Le pon* tife, favorable à Tordre dont il avait assuré les privilèges spirituels et défendu les intérêts temporels % accueillît les trois moines de Yadstena porteurs de ces requêtes et chargés de répondre aux questions du concile. Le principal des Pères de Constance, le célèbre Gerson, déclara que la bulle d'un pape canoniquement élu n'avait pas besoin d'être confirmée, puis il fit l'examen des révélations. Comme la plupart des docteurs, le chancelier de l'Université de Paris éprouvait peu d'attrait pour les ignorants que Dieu instruit sans le secours de la science humaine. Dans son savant traité, de Probatione Spirùuum, sa conclusion, si toutefois on peut l'appeler

af A. Lange. Cfiristiania, Tonsberg, 1856,59.69.289. 315. — De Norske Kirkes Historia under Katholicismen af R. Keyser. //, Christiania, Tonsberg, 1858, 478-484.

1. Netielbla, 52-60'. —Nach. 138, 139, 173-174. — Het Klooster Maria Koudewater. Notice kollanâaise mnnuscrile^ communiquée parla R. Mère Maria Birgitta van Dygk, Abbf.sse de Maria-Hart.

2. A Kempis : Maria-Star. 1457. A Utrecht Onser: Lieve Vrouwe in den Wijnjçaard, 164t. (S. Birgitte en hare aHaten te Utrecht. /. /. Dodl van Flensburg. 1^43. H, 60-65 ) A Dendermonde : Maria Troon. 1464. — A Clèves: Maria Baum. 1640. — Nach. 146, 167, 193.

3. Par la bulle Mare Magnum, iDiplom. II, 11, n* 1714.1 que Martin V inséra plus tard dans sa confir mation de la canonisation de Brigitte.

LA CANONISATION KT LES BIRGITTINS. 56l

ainsi, était, au sujet de Brigitte, qu'il y a autant de raisons pour approuver les révélations que pour les rejeter. Le pape fut afRrmatif ; il rendit hommage aux écrits de la vénérable veuve, et assisté de quatre patriarches, de vingt-neuf cardinaux, de quarante-sept archevêques et de cent cinquante-neuf évêques, il confirma la canonisation ^

Le concile termina le schisme en 1417, grâce à l'élévation du cardinal Othon Golonna au pontificat^ vacant par la mort ou la déposition des trois papes rivaux. Quand son intronisation sous le nom de Martin Y eut été reconnue, les royaumes Scandinaves, désireux de donner aux arrêts de Boniface IX et de Jean XXIII une incontestable validité, s'adressèrent au nouveau pape et obtinrent une bulle qui confirmait la sainteté de Brigitte avec les privilèges de Tordre. L'année ne s'achevait pas, cependant, sans que le souverain pontife causât des inquiétudes sérieuses aux Birgittins. Il avait augmenté les indulgences concédées à la chapelle de Yadstena, approuvé les fondations anglaises et les constitutions du Saint-Sauveur, maintenant il révoquait certaines faveurs et frappait Tordre dans son essence même, en interdisant les monastères doubles. Il fallut obtenir cassation de Tarrèt pontifical, et une nouvelle bulle ^. Quelques années plus tard, le pape déclarait que tous les couvents seraient sous la

Page 1