‹ Sainte Brigitte de Suède, sa vie, ses révélations et son œuvreChapitre 109 sur 132 · H. HiLDEBRAND. Sv. KoL t /{o m · texte numérisé non relu

H. HiLDEBRAND. Sv. KoL t /{o m

2. Misise propriae sanct. reg. 8-18. Messe : Dilexisti justitiam. Le Missel d'Abo (Liibeck, 1488) contient des additions manuscrites dans lesquelles se trouve la séquence : ce Recensemus in hac die, j> publiée par le P. Papebroek (Acta SS. T. m Maria 501) et par G. E. Klemming {Hymni Sequent., 73). L*ofrice de Catherine fut écrit longtemps avant son procès de canonisation parle moine birgittin Jean Bengtsson, f 1461. M Klemming l'a imprimé d*aprë8 le bréviaire manuscrit de Gnadenberg. {Addifainentay f. 74 a. 74 k.) Dans le même volume (f. 74 1. et 75 1.), le savant bibliothécaire de Stockliolm donne aussi une hymne en l'honneur de la bienheureuse composée au xvii<> siècle par Fr. Hilarion de Naples, et l'oraison : « 0 Swecorum advocata, » qu'on adressait à Catherine même avant l'exaltation de ses reli • ques. Dans les livres des religieuses birgittines {Bib. roy. de Stock. Coé. A, 43, /*. 145 et Birg, Andersd, ^reviariutn /". 184-1 85), on trouve deux prières dont la seconde est enrichie d'indulgences

de moines et de clercs. Slénon Slure, gouverneur du royaume, dont la fille Brigilte était religieuse à Yadstena, tout son conseil, soixante cavaliers, des foules innombrables de seigneurs, de bourgeois et de peuple, faisaient cortège au clergé. La chapelle où Ton exposait les vases sacrés, héritage de famille donné au monastère par sa première abbesse, était décorée d'une «plendide tapisserie représentant Catherine. On reconnaissait la belle sainte aux deux attributs dont ses dévots aimaient à l'entourer : une lampe, dont la flamme . pure et ardente brûlait voilée, comme brûlait au cœur de Catherine Tamour du Verbe, et le daim réfugié bous son manteau S doux emblème de sa protection sur les faibles. Un savant docteur prononça son éloge en latin. La chapelle s'éclaira de mille feux rouges et blancs. Ils figuraient la couronne qui surmonte le voile des sœurs, la croix et le cercle portés par les pères. Ces étincelants symboles donnaient à la solennité un caractère tout birgittin et le luxe banal, signe de décadence pour les familles religieuses, ne troublait point la prière des fidèles. Toute la nuit, des masses compactes se succédèrent, avides de gagner Tindulgence plénière accordée par Innocent YIII. Le lendemain, les prélats, assistés de Sténon Sture et de son conseil, prirent les ossements

i. Diar. 1485, 1488. *-t>roc. Can. Beat. Kater. Dep. Hfarg. Clauad, in art. i^ f. 56. Une statue, dont nous avons déjà parlé, représente la sainte avec un animal à ses pieds et une lampe dans la main gauche. Une autre où elle tient un objet qui, à notre sentiment, ressemble plus à un ciboire qu'à la monstranre décrite par le P. Cahier : (Garaotéris vaques des saints dans l'art populaire, par le R. P. Gh. Gabier, de la Compagnie de ^ésus, Paris, Pomsielgue, 1867, 565), est reproduite en gravure dans Tbistoire de Suède si souvent citée. {Sver. Hiit, 11, flg. 8?.)

de la bienheureuse en vue de les diviser et de les placer dans de splendides reliquaires^ puis l'évèque de Linkœping prononça un nouveau panégyrique. Pourquoi pleurait-on de joie? Nul ne le demanda, car il n'y avait point de curieux, mais des croyants qui louaient Dieu et ses saints. Formé en longue procession, on portait avec la chftsse de Catherine celle de sa mère. Le vulgaire continuait à chercher ces deux femmes au sein de la gloire éternelle comme elles avaient passé sur la terre, l'une en pleine lumière, l'autre dans Tombre, idée toute mondaine que les vierges du cloître ne partageaient point.

Cependant les hymnes en l'honneur de Catherine éclataient de toutes parts. Les unes racontaient sa vie, d'autres répondaient en célébrant des miracles, enfin toutes les voix s*unissaient pour supplier :

O Svecorum advocata Katherina sociata Christo sBternaliter...

prava quseque perpetrata, prece dele cum beata deprecando Dominum ^ 1

C'était sur un nouveau rythme, in discantu in nova mensura^ que des musiciens et des chanteurs, cachés à tous les yeux, psalmodiaient les louanges de Catherine. Il est permis de croire que Brigitte, soucieuse de la pureté du plain-chant dans son ordre , n'aurait pas approuvé ce changement barbare.

Les solennités, pendant lesquelles Sténon Sture

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