Aax heures indiquées, hormis pour matines et laudes
2. Leurs archives sont riches, ^râce aux savants travaux d'un des prieurs» le P. Simon Hormann, et à leurs propres recherches, et ces religieuses témoi gnent, nous pouvons le dire par expérience, la plus aimable charité aux moindres des dévots de leur fondatrice. — Correspondance avec la R. M< Maximiiienne Hirschauer, prieure du couvent d'Altomiinster, iK8rt*lh91. — Kurie Geschichte des Klosters Maria Altomûuster, Alun* km, 2^*Au' flage, SlaUl, 1881. C'est aux Birgittines de ce cluttre qu'un doit Topuscule souvent cité au cours de ce livre : Gesammelte Nachrichtea ûber dia eintt bestandeoen Kldster Yom Orden der HeUigen Birgitta, ikhuch und C\ AJùnchen, 1888.
3. Nostra Signera délia Misericordia. Burlamacchi, 563. — Naeh.i 210-212.
614 SAINTE BKIGITTE.
des deux saintes \ De plus, il sut les faire aimer au point qu'une association ouvrière, la Venerabile Cornpagnia de santa Brigida % se forma sous la direction d'un përe de Tordre et dura plus de deux siècles. L'Hospitium de Rome fut d'abord le refuge des catholiques suédois', et jusqu'en 1542 il conserva un procureur birgittin envoyé de Vadstena. Peu après, le pape Pie IV disposa de la maison en faveur d'une communauté de femmes. Vadstena se plaignit et ne fut
1. Mannsorlt petit in-quarto de la fln du XV« siècle. Incipit : In nomine Domini met Jhn Xpi. Ame. Gommincia la legenda e Tita délia mia gloriosa madré sancta Brigtda. Explicit :
Amor perfetto pradentia e nnitade ancor tl priega per la terra
nostra.
(la dernière li^e est effacée). Il appartient à M. Aimé Buffet, fîg^re au Catalogue des Libri Carucci, {Paris^ Victor Tilliard, 1855, n* 1837). et contient : 1* les abrégés des vies de Brigitte et de Catherine, écrites vers 1490, dit le copiste, par quelque moine du monastère, et 2° la Laude della
BEATA VERGINE ChATERINA FIGLIOLA Dl S. BrIGIDA COMPOSTA DA UNA MONACA
m Paradiso.
2. Gapitoli della Venerabile Gom pagnia di S^» Brigida A. D 1638. Mannsorit ln-4°, 67 ff. Eu tète est une miniature datée de 1589 (li c. 9 m. de haut, 10 c. 5 m. de larg;e), représentant Brigitte sous Thabit dominicain entre deux orangers. Ces emblèmes, joints au crucifix ci au livre qu'on place d'ordinaire près de la sainte, ont peut-être trait à la légende italienne qui fait d'elle une tertiaire dominicaine. Dans la reliure est un ovale (haut de 8 c. 5 m., large de 6 c ), où une peinture tristement restaurée nous montre Brigitte sous le même habit avec la croix des pèlerins et le livre. Ce beau manuscrit appartient à M. de Girardîn.
S. Malgré la misère qu'ils endurèrent, l'archevêque dépossédé d*UpsaI Jean Magnus et son frère Olaûs y publièrent des livres restés célèbres, la quatrième édition des Révélations, {Romse, In œdibus diuœ Birgillœ vUluêt XX! Augusli M.DLVII) et la Vie abrégée de sainte Brigitte : ViU abbreviata pradilecta Spon. Christî S. Birgittae, Romœ, 1553. Dans ces ouvrages ils pn^naient quinze oraisons apocryphes qu'on attribnait A la sainte depuis 1480. Traduites dans tontes les langues, répandues partout, ces oraisons sont peut-être plus connues que les Révélations. La Bibliothèque nationale de Paris en po>sède un beau manuscrit français de 1456 (Fds fr. !Î446). qui provient de la bibliothèque de Blois et semble avoir appartenu au roi Louis XI 1.
LA HÉFORME ET LE TEMPS PKÉSENT. 615
point écouté. Son avocat, Antoine Possevîn, préférait même établir dans Tédifice un collège catholique plutôt que de le restituer à Tordre. Il fallut attendre le séjour de la reine Christine à Rome pour que la Suède pût revendiquer ses droits, Alexandre VII rendit une justice relative en assurant la jouissance de THospitium à la petite-fille de Gustave Yasa. Cependant la famille religieuse de Brigitte s'occupait de recouvrer le lieu où elle avait vécu. On en parla au chapitre général de Cologne, et à la mort de Christine le prieur d'AltomiJnster sut faire prêter l'Hospitium suédois à son couvent. Un siècle après, les Birgittins étaient chassés par l'invasion française. Faute d^occupants, la maison de Brigitte et l'église adjacente, placée sous le vocable de la sainte, redevinrent propriété du saint-siège. Le pape Léon XII les loua au chapitre de Santa Maria in Tnastevere, qui les cède à la congrégation française de Sainte-Croix '. L'église, due au Bramante et restaurée' en 1858, possède des tableaux qui ne manquent pas de mérite ^ Dans les cellules des vénérables suédoises, on voit la table sur laquelle Brigitte écrivait et mourut. Des inscriptions rappellent comment elle vivait, avec sa fille, entre ces murs. Chaque année, le 8 octobre, les pèlerins envahissent la maison.
1. Den Sv, Ao/on. i Rorrii 252-258. Dans Tappcndice de cet artide (259), M. E Hildebrand donne la liste des 25 procurateurs qui, de 1418 à 1575, administrèrent la maison de Brigitte. Ainsi que nous Tavons dit plusieurs d'entre eux furent étrangers à Tordre. Getch, des Kl. M. Altomuniter^ 49-53. Correspondance avec M. l'abbé Beaulieu, chapelain de réglise de Sainte-Brifptte, 1884.
2. Le meilleur de ceux qui décoraient la maison a été emporté en Amérique, à l'université de Cliica^ço ; c'est une toile de la fin du xiy* siècle ; elle semble représenter des images de fantaisie, comme les comprenait le
On peut presque dire que Tordre suédois s'établit en Espagne par rintervention directe de Dieu. Une pieuse fille de Yalladolid, Marina de Ëscobar, que sainte Thérèse avait éloignée du Carmel, lui disant qu*elle était appelée à une grande mission, connut Tordre du Sauveur grâce à des révélations surnaturelles et à des apparitions de sainte Brigitte. De même que le Seigneur avait dicté la règle des Birgitlins à leur fondatrice, il dictait à Marina de Escobar de nouvelles dispositions, mitigeant ce qui ne convenait plus au xvu* siècle, moins grand, moins simple dans sa foi que le moyen âge, ou aux Espagnols, race très différente des Scandinaves. Cela fait, il ordonnait à Marina, malade et infirme, de fonder un couvent de Birgiltines à Yalladolid. Jugée d'abord impossible, Tenlreprise réussit ^ et de nos jours, cinq monastères de Recoletas Brigidas attirent sur la catholique Espagne les bénédictions célestes^. Par de certains côtés, la vie
moyen âge, de Brigitte, de Catherine et de deux autres saints. Cfr. S** Birgittas portrait samt nâgra nya upplysniogar om bennes hospital 1 Rom. Hi&t. Tidikrift, utgifven af Sv, HhL Foren. af E. Hildebrand, 1883, 355-362. — Un prétendu portrait de sainte Irigitte et de sainte Catherine sa fiUe, par le C^^ P. Riant. Bull, de la Société des antiq,, séance du 19 avril 1882. Il est regrettable que les soi^venirs des deux pieuses femmes, mentionués dans l'inventaire de 1465, aient disparu et qu'il ne reste plus aucun manuscrit de la bibliothèque parmi lesquels on remarquait le récit des miracles dus à Catherine et un volume contenant la vie de la bienheureuse dominicaine Ingrid, sur qui les frères Prêcheurs ne possèdent point de documents.
1. En 1628, le pape Urbain VIII approuva les constitutions nouvelles ; en 1651, le roi Philippe IV fonda le premier couvent.
2. Ces monastères furent établis à Valladolid en 1651, à Vitoria en 1653, à Lasarte el à Paredes de Nava en 1671, à Àzcoytia en 1690. La suprématie
. de Valladolid sur les autres maisons est acceptée. Si quelques modifications dans Toffico ou Thabit, si l'absence d'un monastère de pères diminue
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de Marina de Ëscobar rappelle celle de Brigitte. Toutes deux aimèrent avec passion les pauvres et les malades]; toutes deux fondèrent une religion sans en porter rhabit; toutes deux virent le souverain pontife approuver leur règle ; ni Tune ni l'autre n'étaient sur terre quand s'édifia le premier monastère de l'ordre nouveau. Les révélations, les prophéties sur les événements importants de l'époque, le commerce surnaturel avec le monde des élus, leur furent communs. Si Marina ne put, à l'exemple de Brigitte, servir l'Eglise par son activité extérieure, elle lui consacra une activité intérieure non moins efficace : celle de l'infirmité corporelle acceptée, voulue et endurée avec héroïsme, pour l'avènement du règne divin sur terre, et les Recollettes espagnoles espèrent que leur mère sera, elle aussi, inscrite au livre d'or des Saints *.
De tous ces pays où l'ordre existe encore, les Birgittiues, réunies dans neuf monastères, prient pour la
Tempreiiite de la grande sainte du Nord sur ces religieuses, du moins la force de son esprit, son amour exalté de la pauvreté demeurent intacts. 1. Brève Noiicia de la Vida y muerte de la yenerable Virgen So&a Marina de Escobar por el Padre Andres Pinto Ramirei de la Compafiia de Jésus. Imp. en Madrid, reirnpr. en ValladoHd por P. Minon ATio de 1800. — Reglas y constitnciones de la Orden de N. M. S*' Brigida dispnestas y ajustadas segun inspiracion de Dios por N. V. M. y senora Dona Marina de Escobar, fundadora de la Recolecclon ae la misma Orden. Aprobadas por nuestro S^o Padre Urbano VIII, aflo de 162^. Reimpreto en ValladoHd. 1850. — Analecta Juris pontificli, 5* ««!■ , 1861, col. 545. Correspondance avec la R. M. Maria Niéves dc S Agustin, abbesse du couvent de Valladolid, (1888). — Historia de la muy noble y real ciudad de Valladolid, por el D' Don Matbias Sangrador Titores. 0. M. Apavicio, Valladolid, 1854. H, 269-275, 353-392. — Vida de la yenerable Madré Josefa de S"" Sacramento religiosa recolcta de N*'' Santa Brigida. en cl convento de Santa Crus de Aicoitia, escrita por Don Agustin Ignacio de Agmrra. 2<^'> Edicion^ BUbao, Delmaty 1858
conversion de la Suède et n'oublient point Vadsteaa, berceau de leur famille religieuse. La ville, si florissante jadis, est rimage de la mort ; le château royal reste muet et désert. Quant aux couvents, celui des religieuses, où Ton voit encore la salle du chapitre et quelques cellules, servit successivement de demeure aux invalides de la guerre de Trente Ans, à desdétenus et à des folles. Sur les ruines du cloître dfs moines, un hôpital est installé, et les beaux jardins du monastère ont été conservés et entretenus. Mais ce sont des mercenaires qui soignent les malades ; on ne voit plus, disent avec regret les écrivains protestants, des filles de rois se pencher vers les enfants du peuple, leur adressant le doux nom de frère, et les soutenant de la main et du cœur. La chapelle, oîi de 1S50 à 4578 on célébra la culte bizarre qui gardait le nom et les formes extérieures de nos saints mystères, est abandonnée ^
Le protestant captif de la raison humaine ne voit plus passer les longues processions des « prisonniers
1 . L'intérieur garde sa beauté et sa majesté. Au travers de quatorze o^ves, la lumière du ciel vient se jouer sous les voûtes ; le maitre-autel, resté debout, est orné d*un magnifique rétable. Aux murs pendent quelques souvenirs du passé. Des sculptures vénitiennes du xvp siècle montrent Brigitte environnée de moines et de religieuses ; un grand crucifix en bas-relief rappelle sa dévotion aux souffrances du Christ. Les pierres tombales parlent des siècles écoulés ; à côté des reines Catherine et Philippa, dorment des rejetons de presque toutes les familles historiques suédoises. La dernière sépulture qui eut lieu avec quelque apparat fut celle de Magiius Vasa, le plus cruel ennemi des Birgittins. Il était mort fou. Tannée même où son frère expulsait les religieuses de leur chapelle. Sans doute, les deux solitaires, cachées derrière la grille, portèrent à son tombeau la fervente prière que les amis du Christ lui adressent toujours pour le salut de leurs bourreaux. La sacristie contient, outre le reliquaire rendu à Vadstena par Gustave III, de superbes broderies et une peinture du xiv<^ siècle représentant Brigitte. Tout cela est regardé comme des choses banales, curieuses par leur antiquité.
de Tespérance ^ » qui portaient à Yadstena une fraclion de ces douleurs infinies dont chaque homme croit connaître le fardeau, alors qu il en ignore tout, sauf le faible poids placé sur ses épaules. Désormais, nui ne vient chercher près du cloître la douceur de ces amitiés qui, attirant Tàme vers les sentiments éternels, l'isolent au moins un instant des passions du siècle; nul ne demande au souvenir des vies de Brigitte et de Catherine la force que les combattants puisent dans le commerce des victorieux ; nul ne quitte Vadstena guéri, délivré, encouragé, ou consolé. La religion nouvelle médite avec nous les promesses du Maître à ses fidèles ; elle croit aux miracles des disciples de Notre-Seigneur, aux guérisons que les chrétiens des temps apostoliques obtenaient par le contact des reliques de leurs frères ; mais elle déclare que Jésus-Christ n'accorde plus à ses témoins la puissance, émanée de la sienne, que leur reconnaît TÉvangile. Elle assigne une borne à Faction infinie, un temps aux pactes éternels et, tandis qu'elle nous montre le pouvoir des contemporains du Christ sur les malades, les démoniaques et les morts, elle traite de superstition le cri de reconnaissance parti des cœurs le jour où l'Église mit sur les autels les saintes suédoises.
Non loin du couvent détruit est le temple luthérien. On frappe à la porte, « mais Tàme agitée, tourmentée, « qui voudrait hors de la maison et des misères quoti- « diennes trouver un lieu où prier en paix, où répandre « devant Dieu ses angoisses, frappe en vain ; le sanc-