‹ Sainte Brigitte de Suède, sa vie, ses révélations et son œuvreChapitre 17 sur 132 · Le Medellagen. Fayxell II · texte numérisé non relu

Le Medellagen. Fayxell II

ciale fût une simple formalité. Il comprenait mieux la bulle d'Innocent III, qui imposait cette obligation aux sénéchaux suédois; il comprenait mieux .aussi ses devoirs envers le peuple dont il était l'élu. Aidé delà studieuse Brigitte, il s'instruisait de l'histoire générale du monde, grâce aux manuscrits que lui prêtaient les riches bibliothèques cisterciennes d'Alvastra et de Vadstena. Il lisait celle de son pays dans les vers de la Grande Chronique, dont les premiers chants passaient de main en main*. Avait-il quelque question ardue à résoudre, le sénéchal n'hésitait point à la soumettre à sa jeune femme. Brigitte était de bon conseil, car après avoir demandé aux hommes tout ce qu'ils pouvaient lui enseigner, elle implorait et obtenait par surcroît les lumières de l'Esprit-Saint. Ulf apprit d'elle à faire régner Tharmonie entre sa foi et ses mœurs, à juger les hommes et les choses, non pas suivant les préjugés de classe, mais suivant la loi divine, ce qu'il prouva en protestant contre les charges exagérées imposées aux paysans par les pompeux voyages des seigneurs laïques ou ecclésiastiques, auxquels le commun peuple devait Thospitalité. Loin de s'enorgueillir de ses richesses, il sentait sa responsabilité et s'interrogeait avec rigueur sur l'usage qu'il faisait de ses biens. Si le roi le mandait à Stockholm pour siéger au conseil,

t. GamU eUer Eriks Krdnikan . 1229-1319 efter HandtkrifUr ittiifvtn af 6. B. Klemming, Str.ckKolm, Nordftledt 1865. — Wieselgren (11, 490) assigne à cette chronique la date de 1319. Dans les annotations à b sQÎte de ce poème (Nya Krdnikans forts âttning aller Sture krdnikonu. i867-18ë8. 51-$3, 283.288), il est dit qu'on ignore le nom de l'auteur ^ti neilles chroniques; mais il était, on le voit, témoin oculaire des faits qu'il neoote, et dont il termina la rédaction en 1320.

il y paraissait avec la magnificence que voulait son rang, sans tomber dans les excès de luxe trop ordinaires à la noblesse et même au clergé, excès qui étaient une cause de colère pour les supérieurs, et de gène pour les inférieurs. Partout, aux côtés du sénéchal, on voyait sa jeune épouse. Elle montrait une habileté et une intelligence du gouvernement telles , que les vieux conseillers royaux eux-mêmes en étaient frappés. Sa vertu, dont Taustérité ne paraissait point au dehors, son visage d'une grâce parfaite, attiraient vers elle la cour et le roi. Sans cesse Magnus se plaisait à rappeler les liens de parenté qui unissaient la sénéchale aux Folkungs *.

Cependant, Ulf était appelé à prendre part aux débats fort importants de l'assemblée convoquée à Calmar en 1332. Il s'agissait de réunir à la Suède les provinces de Scanie, de Halland et de Blekingie qui imploraient le secours de Magnus. Ces pays avaient été cédés à prix d'argen.t par le roi de Danemark au duc de Holstein, et leurs habitants, traités avec despotisme, s'étaient vengés par un massacre général des oppresseurs. Décidés à repousser pour l'avenir le joug dont ils venaient de se délivrer, ils se donnaient au roi de Suède. Le nouveau souverain respecterait leurs lois et désintéresserait les créanciers de la couronne de Danemark. Brigitte vit avec joie son mari et son frère Israël, alors sénéchal d'Upland, contribuer de leurs personnes au succès des négociations et se faire les protecteurs dç l'ambassadeur danois, Charles

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