‹ Sainte Brigitte de Suède, sa vie, ses révélations et son œuvreChapitre 19 sur 132 · iS-note» D»3^y-11î<Q Prov. XV · texte numérisé non relu

iS-note» D»3^y-11î<Q Prov. XV

-. Dior, an. 1399, — Chron, 210, — Une tradition de Tordre fondé parla

54 8AI5TE BBIGITTS.

Le secoors que venait de lui porter Marie encouragea Brigitte à l'implorer. Elle avait donné le nom de Cécile à Tenfant qui, par miracle, venait d'échapper à la mort, et assise près de ce dernier berceau, elle suppliait sans cesse la Mère du Christ de la guider pour l'éducation des huit chrétiens confiés à sa charge. Résolue à ne point suivre les règles de la politique de ce monde, qui croit avoir atteint la perfection lorsqu'elle a développé Tintelligence et cultivé la mémoire, elle répétait volontiers que Dieu ne se contente pas de verser la lumière à Tesprît : a II en veut au cœur, » disaitelle avec un de nos grands génies, et c'est le cœur des enfants qu'il s'agit surtout de former. Dès qu'il commence de battre, il est exposé à recevoir certaines aspirations et certaines souillures, aussi la vigilance des mères ne saurait s'exercer trop tôt. Pénétrée de ces principes, la sainte ne se lassait point, durant le jour, d'encourager, de reprendre et au besoin de châtier ses enfants. Le soir venu elle se jetait aux pieds de la justice divine, avec ses prières, ses austérités et ses pénitences, avide d'expier les fautes de sa famille. Devant son crucifix, qui semblait lui retracer toutes les scènes de la passion, on l'entendait dire à voix basse : € Mon Seigneur Jésus-Christ, nul n'est assez pécheur c pour n'être pas exaucé de vous, quand il vous prie € de l'aider à s'amender. Dieu vrai, qui écoutiez la (( prière du larron, embrasez mon cœur! Marie, cona çue sans péché, obtenez-moi des grâces par celles de

sainte, fait naître Cécile en 1338. L'erreur est évidente, puisque raccouchement do Brig;itte suivit immédiatement le mariage de Marthe.

« votre maternité! Anges, créés sans corps, au nom c de voire félicité lorsque vous fûtes confirmés dans la « justice, priez pour moil Patriarches, propliètes, grane de phalange delà raced*Adam, qui avez prévu l'heure c de votre délivrance par le Messie, obtenez-moi le parce don de mes fautes, l'amour pour Dieu I Apôtres et « Évangélistes, vous tous, que TEsprit-Saint remplit de c force au Cénacle, obtenez que cet Esprit recherche c mon cœur et par son souffle en chasse toute faiblesse, c Martyrs et confesseurs, âmes délivrées du purgac toire, au nom de votre joie quand pour la première « fois vous vîtes Thumanilé du Christ, mettez en moi c l'amour que chacun de vous^ durant sa vie, portait « au Maître! Trinité sainte, une similitude grossière, c celle de la poudre, bruyante, puissante, active lorstt qu'elle s'enflamme, donne à mon entendement Tîm- « parfaite image de votre divinité, une en trois person- « 069. Manifestez-moi votre vertu ! Mon cher Seigneur c Jésus, le mouvement des planètes dans les cieux vous c offre d'admirables harmonies et les êtres animés que c renferment les mondes devraient rendre honneur ^ « votre hunianité rédemptrice. Moi je suis une âme € rachetée par votre mort. Quel sera maintenant mon « secours? J'ai agi contre vos commandements. J'ai € mérité l'enfer. Dans mes bonnes actions j'ai connu la c vanité, la satisfaction coupable de moi-même. Avant t que votre mort eût effacé le péché d'Adam, on ne c pouvait entrer au ciel. De même, il m'est impossible, € sans votre aide, d'échapper & l'enfer. Arrachez l'or- « gueil de mon cœur, que ma cupidité des biens ter- « restres s'eflace devant l'intelligence de votre service.

56 SAINTE BRIGIITE.

a Otez-moi Tamour tout humain que je porte à mon « mari, à mes enfants, à mes amis, à mes parents, c Convertissez cet amonr^ en un amour surnaturel « pour les âmes ^. »

Le Seigneur traita la vaillante sénéchale comme d'ordinaire il traite ceux qui s'offrent à lui sans réserve. Elle craignait Forgueil : il parut anéantir ses œuvres et la rejeta loin d'Ulfâsa. Elle se plaignait d'aimer les biens de se monde : il la sépara de son château et de ses terres. Sa famille absorbait les forces vives de son cœur : il Téloigna du foyer de ses afi'ections.

Le roi Magnus venait d'atteindre sa vingtième année quand, répondant au désir de ses sujets, il épousa, par procuration, la princesse Blanche de Dampierre, le dernier des neuf enfants de Jean l***, comte de Namur, et de sa seconde femme Marie, fille de Philippe d'Artois ^ Dans l'attente de la jeune Blanche, qui était une enfant, Magnus formait sa maison, et nulle ne lui parut aussi propre â remplir les difficiles fonctions de grande maltresse du palais que la sénéchale de Néricie. Il aimait Brigitte comme une amie, il la vénérait comme une sainte, et par le dévouement passé de Birger il se sentait assuré de celui de sa fille. En refusant, la sénéchale eût craint de se dérober à un devoir et même d'oublier une dette de reconnaissance, puisque sa mère avait été sauvée des Ûots par le père du roi. Elle con-

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