Proc. Can. Dep. P, de Alvasiro 9up, 5* art, f. 202 v
2. Dans uoe contemplation éminente > et familière qu'il faut placer immédiatement an-dessous de la vision de Tessence divine. P. Mbvnaro. II. 92.
X Re». Vi. 62.
90 SAnm BUGim.
€ entendre et à sentir. A entendre mes paroles, à Toir « def figures, à sentir son action arec joie et piété. Je € te montrerai Teffigie de mon corps mortel, semblac ble à ce qu'il fut avant et pendant la passion. Je te c montrerai aussi Teffigie de ce corps glorieux que « Marie Magdeleine, Pierre et d'autres ont vu après la c résurrection. Ton cœur sera mon cœur. Honore mon c Père, aime-moi, obéis i mon Esprit, rends honneur € i ma Mère, vénère tous mes saints. > Et Brigitte ou« vrait ses yeux spirituels aux visions célestes, elle entendait de ses oreilles spirituelles les révélations divines '; dans ses extases, elle sentait son cœur battre plus fort sous l'action del'Ësprit-Saint. Cherchant un sentiment humain comparable à cette impression surnaturelle, elle ne trouvait que la joie mystérieuse de ses premier res espérances de maternité ^. .
Bien que la sainte fût appelée à jouir, jusqu'à un certain degré, de la vue de Dieu, retenue par les liens du corps, elle ne pouvait saisir, comme un pur esprit, ce que le ciel manifestait. Ses visions étaient une ombre de la réalité, ainsi que le Seigneur le lui expliquait. Quand, par sa permission, elle assistait à la fois à ce qui se passait au paradis, au purgatoire et en enfer, aucun membre de TEglise souffrante ou de TEglise triomphante, aucun
1. G*e8t-à-dire la manifestation surnaturelle d*une vérité ^cachée ou d'un secret divin, faite par Dieu en vue du bien général de TEglise ou Tutilité particulière de ceux qui en sont favorisés. Les révélations s*accompliâsent soit par des visions, soit par des paroles ou des instincts surnaturels. Les révélations sont donc quelquefois des visions ; les visions ne sont des révélations qu*autant qu'elles découvrent des choses cachées présentes ou passés. P. Mkynard. II. 461.
2. Hev, VI. 88, — Proc. Can. Dep, P. de Alvastro sup. 16* art, f. 204 v.
damné ne venait réellement devant elle. Rien de son être ne se transportait dans ces mondes. Son âme, élevée vers les choses surnaturelles, son corps saisi par Texlase dans l'attitude où il se trouvait, restaient unis sur la terre, tandis que TEsprit-Saint lui montrait Tinvisible ^
c Seigneur, s'écrîait-elle alors, comment daignezc vous demeurer avec une misérable veuve ?
« -^ Si je t'ai choisie, répondait Jésus-Christ, ce m n'eat pas que tu dépasses mes amis en mérites ou < même que tu puisses leur être comparée. G^est parce « que je Tai voulu ainsi. Humilie-toi et trouble-toi « iealement de tes péchés. »
D6S le début de leur union surnaturelle, TÉpoux blâma l'épouse de ses perplexités :
c Pourquoi crains-tu mes paroles ? lui dit-il ; pour- « quoi te demandes-tu &i elles viennent du bon ou du « mauvais esprit ? T'ai-je commandé quelque chose c que ta conscience réprouve, quelque chose qui soit « contraire i la raison ?
« — Seigneur, j'ai failli, je le confesse, s'écria Brigitte.
« — Que fai-je ordonné, sinon d'honorer Dieu, de « eroiia que rien n'existe sans lui, et d'aimer avec me«- « sûre ce monde fait pour l'homme? L-esprit de ténèbres
I. Les Ihéophanies sont àes faits incontestables. L*ancien et le nouveau TesUment en contiennent un grinid nombre, et les vies des saints de très authentiques. Ces apparitions sont elles personnelles, ou bien Dien manifeste- ^41 ••Présence par le ministère des anges ? L*opinion commune de l'Ëglise est imraMeau second sentiment. Cfr. P. Meynard. H. 395-396. Brigitte ne •*CESfli4|M pas à 06 Bojet ; cependant (Rev, I. 8. et II. 10; elle semble adsellre des apparitions personnelles de Notre-Seigneur, très possibles denacamation.
(a t'enseignerait le contraire. Discute ta conscience. < Ouvre-la aux sages, mais ne doute plus de posséder <i en toi TËsprit de Dieu. Par ma permission le démon « peut éprouver mes serviteurs, jamais il ne dominera « les âmes qui croient en moi et qui me donnent leur « ^mour. Comment d'ailleurs confondre l'action de « l'esprit de lumière avec celle de l'esprit de ténèbres ? « L'Esprit incréé ne laisse place à d'autre amour qu'à fc celui de Dieu, en qui sont absorbés tous les amours « durables. Sa douceur, sa pureté, sa chaleur sont telles € qu'il faut les avoir éprouvées pour se le figurer. « L'esprit créé briile l'âme des désirs mauvaiâ dont il « est animé; il la plonge avec lui dans l'amertume. Il « prêche le néant des joies futures, la vanité des biens f éternels, il noie l'âme dans l'impureté où il se plaît* € Au contraire, l'Esprit-Saint révèle la vanité de ce « monde au point que l'homme voudrait fuir les souil- « lures de la terre, et s'élancer vers moi. Ici-bas (( l'âme ne voit plus que son prochain à aimer, ses « ennemis à plaindre, ses propres tribulations à sup- « porter, comme le moyen de se glorifier en Celui qui a les envoie. Toute jouissance terrestre lui semble vile, « tout honneur mondain pesant. Une force, que nulle c( adversité ne peut atteindre, que nulle prospérité ne « saurait amollir, la pénètre. Autour d'elle les lumières a: de la foi dissipent les ténèbres. Elle possède Dieu, « et plus elle le possède, plus elle reconnaît que, sans <c lui, elle ne serait que néant. »
Après avoir prouvé à sa servante qu'elle était éclairée du Saint-Esprit, le Maître l'obligeait à constater ellemême sa fidélité à l'appel divin.
« Venx-tu être riche ou pauvre ? lui demanda-* t-il?
— « Etre pauvre, Seigneur, s'écria Brigitte. Les ri- € cbesses m^empéchent de m'appliquer à votre service.
— c Préfères-tu les jouissances humaines, telles que i ta les a connues, à la joie de l'esprit que tu goûtes c maintenant ?
— «c Je rougis de ces jouissances passées, répondaitff elle. Plutôt que de les connaître encore, je préféff rerais mourir ! La joie spirituelle ne saurait leur ft être comparée. »
Ainsi, en formulant chaque réponse, la sainte rendait compte de ses progrès dans la voie qui mène au sapréme degré de la perfection.
Suivant les traditions de la théologie mystique, le mariage de Brigitte s'était conclu avec le Verbe, celle des trois personnes divines que Tlncarnation rapproche le plus deThumanité ♦. Parfois Jésus-Christ renouvelait, pour elle, les joies mystérieuses de leur première anion.
c Mon épouse, lui disait-il alors, afin de te pré-
< parer au mariage spirituel où Dieu goûte une joie
< suave en Tâme chaste, ne te laisse pas éloigner de
< mon amour par ton attachement pour ta famille ou « tes biens. Châtie avec joie ceux de tes membres qui
< m*ont offensé, car ma miséricorde ne peut agir contre « ma justice. Soumets-toi aux autres, à moins que leur « volonté ne soit contraire à la raison ou au salut de « ton âme. Abandonne-moi ton libre arbitre, sans au-