‹ Sainte Brigitte de Suède, sa vie, ses révélations et son œuvreChapitre 32 sur 132 · ar. 5. nom. p. III, q. III. art · texte numérisé non relu

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€ cune réserve, comme le fit ma Mère. A cause même de (( Tunion spirituelle, il faut être humble. Ma grâce te fera € fleurir et fructifier. Un grand nombre d'âmes te devront ft la vie. Mais ii convient que tu travailles avec moi^ si € tu veux te reposer dans mes bras. Moi qui sous les « espèces du pain, vrai Dieu et vrai homme, suis im- « mole tous les jours, je verse mon Esprit dans le tien c ou je t^atlire dans le mien et je te révèle mes secrets. a Que pourrais- tu craindre, de quoi manqueras-tu, € lorsqu'on toi réside le souverain bien ? Tu as mérité « que j'eusse soin de toi quand, à la mort de ton mari, <« tu as remis ta volonté entre mes mains. J*aime ton a âme d'un amour infini. Plutôt que de m'en priver je « me ferais, si cela était possible, crucifier de nouveau; « Je t'aime comme un bon maître aime son serviteur, « comme un père aime son fils,. comme l^époux aime <( son épouse. Le maître dit au serviteur : Je te vêtirai, t je te nourrirai, et tu travailleras raisonnablement. Le « père dit à son fils : Tout ce que je possède t'appartient, a L'époux dit à son épouse : Mon repos est ton repos^ (( ma consolation est la tienne. La femme répond à son <( mari : Ainsi que je vis du fruit de ton travail, }e vis < de la chaleur de ta poitrine. Je trouve ma consolation tf dans tes paroles. S'il fallait me séparer de toi je préce férerais mourir ^ »

Brigitte remerciait le Yerbe par des prières aussi humbles que brûlantes de charité : c Je vous rends « grâces de votre miséricorde, disait-elle. Elle dépasse

1* Nous ne comprenons pas comment M. Fr. Hammerich (Den Hel* lige Birgitta og Kirken i Iforden. Kjœhenhavn 1863, 53-S4) peut mettre ces paroles dans la bouche de Brigitte et les lui faire adresser à Ulf.

« tout ce qu'on m'avait appris. Vous assoupissez mon t corps dans le repos spirituel, non dans le som- « meil corporel. Vous réveillez mon âme pour qu'elle K entende, sente et vive spirituellement. 0 Seigneur f Dieu, les paroles de votre bouche sont douces. J^en € suis rassasiée et affamée. Mon ardeur pour vous croît « sans cesse I 9

A cette nouvelle épousée, Jésus-Christ montrait des demeures magnifiques, sous une forme compréhensible anx sens. Là elle recevait, outre la nourriture surnaturelle de l'âme, des vêtements mystiques et éclatants, symboles de la robe nuptiale qui l'attendait au ciel.

« Crains d'affaiblir en toi ma grâce, disait le Maître ; c vibre au souffle divin comme un instrument de mu- « sique résonne sous les doigts de l'artiste. Dès l'aurore, < lève-toi pour le service du Seigneur et, le soir venu, t repose-toi dans la contemplation, j^

Au sein du monde surnaturel où elle vivait par l'extase, Brigitte percevait non seulement le Verbe, mais le Père et l'Esprit. Celui-ci l'instruisait. Le Créateur la reconnaissait pour l'épouse du Christ. Parfois c'était ensemble que les trois personnes divines lui apparaissaient et lui parlaient.

La vénérable femme se trouvait à d'autres moments environnée de la cour céleste, qui rendait gloire à l'Eternel ; Notre-Seigneur interrogeait les anges de lumière, la très sainte Vierge, les apôtres et même les démons : « Que mérite la terre ? demandait le Tout-Puis- « sant. — Elle est digne du feu,» répondait le chœur des ^prits. Mais l'amour de Jésus-Christ tempérait cette JQsle sentencei et promettait la miséricorde au repentir*

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Lorsque la voyante, entraînée au delà des bornes de rintelligence humaine^ réclamait un guide, c'était la Vierge Marie qui l'instruisait en interrogeant Dieu dans un langage compréhensible aux hommes. Puis la Reine du ciel attirait Brigitte sous les plis de son manteau symbolique : « Viens, ma fille, disait Marie ; « cache-toi sous le manteau de mon humilité. Il (c protège des tempêtes, c'est-à-dire des injures et des < opprobres du monde, qui ne sont que du vent. Il dé- « fend contre la gelée dévorante, c'est-à-dire contre les a amours égoïstes et passagères qui fondent comme la « neige. Enfin mon manteau abrite des pluies, vapeurs (c de la terre, par lesquelles il faut entendre la soif de d: posséder, de jouir et de se reposer, t^ El Brigitte sentait la miséricorde émaner de Marie comme la chaleur émane du soleil.

La sainte contemplait parfois TEglise militante. Elle voyait la cité de Dieu attaquée par les impies, et elle entendait la Mère des Miséricordes^inviter les habitants de la terre à lever les yeux vers le ciel. Marie avertissait, elle suppliait en mère, elle dirigeait en maîtresse. Si le pécheur repentant se tournait vers le bien, elle regardait sa bonne volonté et non ses offenses : « il n'est pas € de fange d'où Marie ne retire les malheureux, il n'est c( pas de lèpre qu'elle ne guérisse I »

Jésus-Christ, qui n'a qu'un cœur avec sa Mère, la nommait la princesse victorieuse des démons, la reine des anges, la consolation des âmes souffrantes au purgatoire, le bonheur des âmes voyageuses sur la terre, et même la joie des élus. Sous les regards de l'ej^tatique, les esprits bienheureux environnaient leur

reine ; comme aux jours de Job, les démons comparaissaient en présence de l'Éternel. Ces êtres, dans la création desquels Dieu manifeste le degré suprême de sa puissance, et qu'il a voulus plus nombreux dix fois que ne le seront jamais toutes les générations humaines, se montraient à Brigitte, mais non pas sous la forme de purs esprits, formœ subsistentes *. La vue des uns Teût fait mourir de joie, celle des autres Teùt brisée de douleur. Elle contemplait les anges tels que jadis ils conversaient avec la Vierge et les saintes femmes, revêtus d'un corps humain. Les démons lui apparaissaient sous l'aspect d'hommes affreux, d'animaux fantastiques ou immondes, et parfois sous celui de cadavres ; non pas qu'ils ne soient immortels, mais parce qu'ils sont sans cesse mourants, dans leur vie qui n'aura pas de fin ^

La nature même des anges était révélée à la voyante. Elle comprenait que dès leur création ils avaient senti ce qu'est Dieu, dans la pleine lumière de leur conscience. Les unsy par amour du Seigneur, étaient restés

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