‹ Sainte Brigitte de Suède, sa vie, ses révélations et son œuvreChapitre 35 sur 132 · RÉVÉLATIONS AU ROI MAGNUS ET AU CLERGÉ SUÉDOIS · texte numérisé non relu

RÉVÉLATIONS AU ROI MAGNUS ET AU CLERGÉ SUÉDOIS

Retour de Brigitte à la cour. — Ses prophéties. — Ses conseils à MagnuB II. — Ses tapporis avec les évoques et les prêtres. — Ses discours aai frères Prêcheurs. — Mort de son fils Benoît. — Ittâaence de la sainte sur les Cistereiens.

wlaniilrii.

Bref. Birg. Z. ij.

La rentrée de Brigille au palais de Stockholm fut un singulier spectacle pour les courtisans qui entouraient le roi et la reine. Ils reconnaissaient sous la bure grise, sous le long voile noir des veuves, cette femme qu'ils n'iivaient vue qu'en habits de cour. Ses traits, que la douleur avait touchés, leur semblaient plus nobles encore. Que la sainte était changée depuis le jour où, dans lajoiede l'amour partagé, delà maternité heureuse, elle était arrivée au milieu d'eux, poussée par l'espoir de faire le bien, confiante en ses efforts désintéressés et presque certaine du succès! Maintenant elle comprenait que la prièiu et le sacrifice silencieux de soi-

même sont plus puissants que toutes les énergies humaines ; cependant, par ordre de Dieu , il lui fallait agir, et pour ainsi dire, dévoiler son àme. L'obéissance était douloureuse. Elle ne s'y refusa pas. Au roi qui Paccueillait avec courtoisie, à la reine qui Tembrassaity aux grands du royaume rassemblés autour d*eux, elle annonça les colèrds du Seigneur. Sans réfléchir, sans penser même, elle unit les exhortations aux prophéties ; ses prières furent éloquentes, ses prédictions terribles : « J'ai vu le soleil et la lune « briller dans un ciel troublé, dit-elle un jour. Leur « lumière éclairait l'espace au delà du firmament. Un « terrible dragon trav'*rsa le ciel ; les deux astres lui c donnèrent leur puissance et leur splendeur. Aussitôt « le soleil s'obscurcit, la lune disparut derrière notre t monde. J^aperçus une myriade de reptiles et de ser- '< pents. Ils dévoraient la surface de la terre et tuaient

< les hommes à coups de queue. Enfin le soleil c tomba dans l'abîme et la lune s'effaça sans laisser de

< traces * »>.

Nul ne comprit le sens de cette prophétie, dont la forme rappelait la vision d'Ezéchiel et l'Apocalypse ; mais la foi restait encore assez maîtresse des esprits, sinon des actes, pour que la cour éprouvât un profond malaise. Chacun se sentait jugé et condamné. Il n'était pas besoin, on le savait, d'intervention surnaturelle pour que Brigitte, toujours grande maîtresse du palais, connût l'état de sa patrie. Son frère, le sénéchal d'Upland, faisait partie du conseil de régence qui avait

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