XV. xvh XX, XXI xxxiii, XXXV, XXXVI, xxxvii, xxxvni, XL
XLV, XLVI. Les paroles « in dominio régis Norwegiœ », qui se trouvent en tête de la règle, ne peuvent être qu'une figure (|e rhétorique du tradacteur;il désirait ajouter: (( ad septcntrionem omnium regum ultimus. » Tous les historiens indiquent Alvastra comme le lieu où le Christ dicta les constitutions de son ordre.
2. Les abbesses fontevristes gouvernaient le temporel du double couvent comme celles de l'ordre nouveau ; la soumission de ces dernières aux évéques, visiteurs de droit des couvents, donnait aux moines de l'ordre du Saint- Sauveur, pins d'indépendance de la crosse abbatiale que n*en avaient les Bénédictins.
leurs chants à Texemple des Chartreux \ se livrer à l'étude comme les fils et les filles de saint Bernard, et pui-' ser au cœur de saint François Tamour passionné de la pauvreté, le zèle de la prédication populaire. Cependant, le Verbe, pour qui Brigitte était un instrument nou^ veau, destiné à révéler des choses neuves ', entendait qu'elle fût elle-même, selon la parole de saint Paul, le type ' de sa famille religieuse. Les prélats chargé» d*examiner les constitutions s'attendaient à y trouver le sceau do la fondatrice, et au cours de la lecture, leur attente ne fut point trompée. Quant à leur essence, les trois vœux sont communs à tous les ordres, ils le savaient, mais ils n'ignoraient pas qu'en chacun ils ont un caractère propre et une singulière différence d'intensité. La lecture de la règle fit comprendre aux évêques que la pauvreté du nouvel institut serait portée aux plus extrêmes limites. Examinant ensuite les observances, ils purent prévoir que l'Eglise accorderait des louanges aux filles de la sainte, pour <c la par- € faite constitution de leur clôture * ». Enfin ils devinèrent qu'autour des futurs couvents régnerait l'atmosphère d'intelligence, de culture et d'honneur chevaleresque, dans laquelle s'était épanouie la jeunesse de Brigitte.
La sainte avait appris par l'histoire des institutions monastiques, qu'elles demandent plutôt à l'Eglise le
t. Brifitte D6 connaissait les Chartreux que par ses voyages. Leur premier couvent en Suède date de 1496.
1 Extrav. XLVL 3. Cfr. Thett, 7,7. Slvrt ^î^tv^at v/xat rvmvf -wari rtn virriveu^ir.
^' Aaalecta Juris Pontificii. 6* Série 1861. — Les v<eux solennels
D&XS LES MOHASTÊBES DES RELIGIEUSES. RÈGLE DE SAINTE BRIGITTE, X, 5i5.
droit de subsister que celui de naître. Elle se crut donc autorisée à suivre son inspiration et à fonder sur Theure un monastère qui serait son dernier asile, comme le berceau de sa famille spirituelle. L'aumône avait fait de larges brèches à sps grands biens, et les droits de ses enfants à leur héritage étaient trop sacrés, pour qu'elle pût bâtir ce monastère en comptant uniquement sur ses propres ressources. Elle s'adressa donc à Magnus II : « Si vous édifiez un monastère pour expier € vos péchés, lui dit-elle de la part de Jésus-Christ, « l'amour divin augmentera en vous et en vos coopéc( rateurs ; si vous refusez, la justice divine vous châ- « tiera *. » Le Sauveur désignait le lieu de la fondation. C'était le bourg de Yadstena, dont Brigitte avait la suzeraineté, et où les Cisterciens, établis depuis longtemps, accueilleraient avec leur générosité habituelle les frères et les sœurs de Finstitut du Saint-Sauveur. Le roi et la reine portaient à leur parente une affection mêlée de crainte. Cette prophétesse, pensaient-ils, pouvait les servir et aussi leur nuire devant Dieu et devant les hommes. De plus, il était dans le faible caractère de Magaus, comme dans la nature mobile de Blanche, d'aimer à suivre deux maîtres. Faire parfois un pieux usage de quelque domaine, rassurait leur conscience sur le luxe effréné de la cour; jamais semblable occasion ne s'était offerte à leur générosité. Jusqu'ici les monastères Scandinaves avaient été fondés par des étrangers. Un esprit différent de celui du pays les animait et inspirait les hautes
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éludes que les moines seuls savaient enseigner, et ]a littérature sur laquelle ils régnaient tout-puissants. Prendre dans les conditions les plus diverses des Suédois et des Norvégiens pour en recruter un ordre national; implanter cet ordre dans le sol natal et, grâce à nneconfraternité de frères et de sœurs ab extra, étendre ses racines dans la société laïque, ce projet parut aux souverains une œuvre politique autant que chrétienne. Ils répondirent donc à la requête de leur cousine par le présent d'un domaine royal, situé à Yadstena ^ sur le bord du lac Vetter. Ils ajoutèrent même une autre munificence, sans exemple dans l'histoire du pays, et donnèrent six mille marks d'argent afin qu'on posât tout de suite la première pierre du couvent. En retour de telles faveurs, ils y demandaient^ une sépulture. Au moment de signer la donation, Brigitte vit la Vierge Marie et le démon se disputer devant TËternel la possession du domaine : « Ce lieu m'appartient par triple droit, > disait Lucifer, qui montrait les restes de la forteresse de Susenborg et les ruines du château élevé parles Folkungs. « Mes amis l'ont édifié; là ils sui- ( valent ma loi, ils punissaient et opprimaient leurs
1. L^étymolo^ie de ce nom vient, suppose-t-on, d'un gué pierreux, < SleoigtVad, » situé près du monastère. On croit qu'avant Tintroduction do christianisme il se trouvait dans ce lieu un château nommé Susen • borg. Le roi Valdemar ou ses ancêtres en avaient élevé un second. Au temps de MagDuSf il ne restait que des ruines, et Vadstena était simplement un domaine royal. Vadstena och dess Minnesmàrken, erinringsblad fâr himlingen utarietad af Aiel Ripa. Vadalena. Axel liandtlt f&rlag
2. Par lears testaments, Tun du !«' mai 1346, Tautre du 15 juillet 13i7 {!Hplom, Y. n«* 4062 et 4200). Haquin, roi de Norvège, confirma le testament de ses parents, mais les circonstances ne lui permirent pas de rapporter Icars corps à Vadstena.
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<r vassaux sans miséricorde. J/avais ma demeure parmi n eux. » Marie prouvait que le cœur des habitants ayant changé, ils pouvaient changer de maître. A la place des gémissements, monteraient désormais vers le ciel les louanges du Seigneur. Au lieu de mériter la vengeance céleste, on attirerait les bénédictions de Dieu ; on apaiserait sa colère contre le royaume de Suède. L'arrêt céleste condamna le démon et il s'enfuit des rives du Vetter, où la Mère des Miséricordes établit sa suzeraineté. Comme les murailles de Jéricho étaient tombées devant TArche d'alliance , ainsi la demeure élevée par l'orgueil des riches et au prix de ]a sueur des pauvres faisait place à d'humbles amis de Dieu *. Afin d'être en mesure d'eptrer dans l'ini^titut nouveau, Brigitte voulut visiter une'dernière fqis ses terres et mettre ordre à ses affaires temporelles *. Ses partages, ses dons et les prêts sans usure que, selon le conseil du Seigneur, elle accordait en prenant sur son superflu % rendaient la liquidation difficile. Ses directeurs l'encouragèrent d'autant plus à faire ce voyap:e qu'ils avaient la preuve de sou indifférence pour la fortune. Peu de temps auparavant, un messager était venu de Fundia, annonçant à la recjuse que le feu dévorait ses moissons et ses fermes : « Béni soit le Sei- « gneur qui me donne mon juste salaire, avait-elle ré- « pondu sans se troubler ; souvent j'ai abusé des grâces « divines, je n'ai point assez remercié le Dispensateur