Extrav. LXXXVIII
c de tout bien, je n'ai pas suffisamment prié pour ceux f qui m'ont légué ces richesses. Béni soit le Seigneur « de m'en avoir délivrée. » Comme maître Pierre lui demandait si c'était bien là son sentiment intérieur, elle ajoutait ; « De tout cœur je désire être pauvre. Je c voudrais mémo mendier mon pain pour l'amour dé f Dieu. Il viendra un jour où je serai forcée d'aban^ c donner toutes choses ; il y a plus de mérite à s'en « détacher *. »
Brigitte partit donc d'Alvastra avec de fidèles amis, parmi lesquels on remarquait le prieur du couvent, le saint prêtre mattre Pierre et un chapelain, Magnus de Motala. Tous les pas de Tancienne sénéchale dans les provinces où, jadis, elle entreprenait tant d'oeuvres, forent marqués par un bienfait. Depuis qu'elle ne disposait plus de ses trésors temporels, elle jetait à pleines mains les richesses spirituelles de la Providence. A l'exemple de son divin Epoux, elle passait répandant la paix sur les affligés, guérissant les malades, délivrant les possédés du joug des esprits mauvais, car Dieu était avec elle *.
On avançait lentement tant qu'on ne quittait pas les voies de terre, si accidentées, pour voyager par eau, agrément facile dans ce pays, où des rivières rapides coupentpariout le sol et relient entre eux d'innombrables lacs.' Embarqués sur les gracieux bateaux que les ^andinaves excellent à construire, les voyageurs dé-