‹ Sainte Brigitte de Suède, sa vie, ses révélations et son œuvreChapitre 48 sur 132 · Rev. VI. 27 e · texte numérisé non relu

Rev. VI. 27 e

Si la sainte apercevait autour du roi les habits de cour qu'on nommait costumes de folie^ les étranges découpures auxquelles les prédicateurs faisaient allu* sion en les qualifiant de fenêtres denfev^ si elle remarquait la confusion des vêtements des deux sexes condamnés par TËglise S elle ne gardait point en silence les leçons qu'elle recevait du ciel à ce sujet. « Dépouillez-vous de vos ajustements somptueux, disait-

< elle aux courtisans. Que les hommes ne s'habillent

< pas comme les femmes et les bouffons. Laissez votre « corps tel que Dieu Ta créé^ et ne cherchez à le * faire paraître ni plus grand ni plus mince. Que les « femmes ne se parent point de robes indécentes, afin « d'éveiller les pensées mauvaises et les désirs coupa- « blés. Expiez votre avarice par la charilé en répan- « dant avec joie de riches aumônes. Expiez vos impu- « retés par la prière, votre gourmandise et votre « ivrognerie par Tabstinence, votre orgueil par Thumi- « lité. Que les évoques ordonnent des offices solennels « en Thonneur de la sainte Trinité, que tous les fidèles « y assistent. Depuis mille ans, le Seigneur n'a pas « éprouvé une telle colère contre le monde. »

Brigitte cherchait souvent à éclairer ses avis d'exemples qui les faisaient comprendre. Sans préciser, elle montra l'action de Dieu sur trois Suédois dont ses auditeurs crurent deviner les noms. Le premier refusait de servir le Seigneur: il jouirait ici-bas de tous les biens de ce monde, mais il serait privé des biens éternels. Le

1. Histoire da luxe, par H. BaudriUart. Par'm, Hachette, 18^0. II!,

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second serait sauvé de Tabime où il courait, par les infirmités qui frappaient son corps. Le troisième eût préféré subir toutes les tortures, plut6t que d'offenser Dieu, aussi la souffrance purifiait-elle sa chair, et la douleur son âme à la veille de son entrée dans la gloire.

En présence des travaux apostoliques de Brigitte, le clergé se divisa. La partie qui pactisait avec les vices de la cour et trouvait des accommodements entre la morale de V Evangile et celle de Magnus, commença contre la sainte la plus perfide des luttes, celle qui se cache sous un zèle apparent pour le bien. Ce fut dans l'un des sermons prêches à la chapelle du château royal qu'eut lieu la première attaque. Devant cet auditoire, dont le secret sentiment conspirait avec le sien, certain moine, iu* fatuéde son éloquence, exprima la crainte que Brigitte ne fût, comme plusieurs Pères du désert, trompée par Satan. Douce, simple, telle que Dieu la voulait, l'épouse du Verbe baissait la tête. Aussitôt il lui apparut : € Ce « bavard parle selon sa volonté et non selon son « devoir, disait Téternelle Vérité ; jamais mes humbles « amis ne sont trompés. L'illusion est pour ceux qui « s'enorgueillissent de leur vertu et refusent d'obéir, a L'homme qui se glorifie de sa propre sagesse compa- « raîlra devant la mienne. Il verra que pour être sage « il faut avoir une conscience pure et une humilité « vraie. La sagesse ne consiste pas en paroles sublimes. » L'extatique ne révéla qu'à ses confesseurs les leçons célestes, et elle laissa les courtisans applaudir aux sarcasmes du moine \

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