De la princesse Euphémie, sœur du roi M«ignu
« Seigneur fit ses origines heureuses se perdront dans « les ombres de sa fin ^ » Au sujet de ranéantissement du roi devant son indigne favori, la sainte était plus vive encore, t II est honteux, écrivait-elle, de mettre un « serviteur, et un serviteur du diable, à la place du « maître. Lui obéir est plus honteux encore, car c'est « une honte spirituelle. Si vous ne réduisez pas cet « homme au rang de sujet , si vous ne lui ôtez pas les « biens de la couronne, vous serez frappé jusqu'à ce « que vous demandiez miséricorde. Songez-y, vous tf répondrez de celui dont vous ne punissez pas les « moqueries contre Dieu. Si, au contraire, vous le « châtiez dans le temps, vous éviterez vous-même et « vous lui épargnerez les supplices éternels *. i>
Brigitte n'obtint rien. L'influence de Benoit Algotsson subsista; son effet s'affirma, et le roi accéléra encore sa propre perte en mettant le sceau à un acte blâmé par la grande maîtresse de la cour, dès 1344 : le partage de la Suède et de la Norvège entre les princes Eric et Haquin. Au lieu de se soustraire à quelques difficultés, Magnus II aurait dû résister aux Norvégiens, mécontents de l'acquisition de laScanie, ou s'attirer leur affection par de longs séjours dans leur pays. Il avait préféré leur donner un de ses enfants pour le faire roi sous sa régence. Aussitôt, Brigitte lui avait reproché de se laisser guider par le caprice dans ce démembrement de ses Etats, puisqu'il installait son