‹ Sainte Brigitte de Suède, sa vie, ses révélations et son œuvreChapitre 7 sur 132 · Pierre et Benoit, morts tous deux en bas âge · texte numérisé non relu

Pierre et Benoit, morts tous deux en bas âge

6. Dans le Chronicon ;209), il est dit qu'on ne sait pas si cette sœur de BrigiUe atteignit Tàge nubile. Une note marginale du procès de canonisation et une généalogie manuscrite de Peringskiold assurent qu'elle épousa Mcolas lagewaldsson (Natt och Dag;. Elle mourut avant ses parents, car elle n'est point mentionnée dans leurs testaments.

le fuseau. Cependant, développer l'esprit ou l'adresse de ses enfanls n'élaitpoint le premier souci d'Ingeborge. Elle voulait, avant tout, leur former la conscience. Chaque matin Taumônier du sénéchal disait la messe à la chapelle, située près du château, et construite en blocs de pierre d'une taille colossale K La famille y assistait, entourée d'hommes d'armes, de vassaux, d'ouvriers de tous métiers et de nombreux serviteurs ; mais on n'y voyait pas d'esclaves, car Birger, dans sa revision du code d'Upland, interdisait ce honteux trafic de l'homme « racheté, disait-il, depuis que Jésus-Christ a été vendu pour lui *. »

Durant le saint sacrifice , Brigitte témoignait la plus ardente dévotion. Elle suivait avec une piété et une joie profondes des cérémonies que ses jeunes amies trouvaient trop longues. En remarquant l'élan spontané de sa fille, Ingeborge devança l'heure des enseignements religieux, et non contente d'instruire Brigitte de nos dogmes et de notre doctrine, elle sut même l'intéresser, par ses récits, à rétablissement du christianisme en Suède. Toute jeune encore, l'enfant apprit l'histoire de saint Anschaire , ce moine de l'abbaye française de Corbie, qui était devenu archevêque de Hambourg. Son imagination vive lui représentait l'arrivée de l'apôtre dans la ville d'Upsal, où elle allait souvent. Elle croyait assister aux prédications, à la

1. La planche 103, du livre de Dahlberg, Suecia antiqua ethodierna, J, V, d'Aveden, Holmiœ, 1708, représente les ruines de la chapelle de Finstad ; les f. 101 et 102 sont consacrés aux environs du château.

2. L>sprit de la loi de l'Upland est commun à tous les peuplss que les Romains désignaient sous le nom de barbares. Âstolphe parle presque dans les mômes termes.

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conversion du roi et de toute l'assemblée du peuple. Avant même de pouvoir lire, la fille d*Ingeborge savait par cœur le martyrologe de sa patrie. Des traditions de famille affirmaient sa^ parenté avec la maison des Bonde, d'où sortait le roi-martyr saint Eric * ; elle aimait à se sentir de sa race, à vivre dans sa familiarité quotidienne. Peut-être lui dut-elle de recevoir une communication directe du ciel, avant d'avoir rien pu comprendre des intérêts, des joies ou des tristesses de ' la terre.

Brigitte n'avait pas encore dix ans, quand une nuit Dieu l'appela, ainsi qu'il avait appelé Samuel et tant d'autres prédestinés de l'ancien et du nouveau Testament. Comme eux l'enfant répondit : « Me voici *. » Déjà elle ouvrait les yeux à des clartés plus intenses que celles dont jouissent les simples chrétiens. La lumière prophétique qui illumine l'Eglise semblait

1. Sverfges Historia frân âldsla tid iiil vttra dagar fôrfattad af Otkar Hontelius, Hans Hildebrand, Oskar Alin , Martin Weibull, RndoU Tenberg, och Johan HeUstenins. Stockholm, Lindstrœm 1877. - il. 11 .

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