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SES PÈLKRlNAfiES DE 1364 à 1367. 333
prépara, pendant plus d'une année, à s'y rendre pour le Grand Pardon.
Les Scandinaves réunis au palais Papuzeri^voulurent suivre Brigitte et Catherine. C'étaient maître Pierre de Skeninge, Ingeborge et deux fidèles servantes, tous quatre venus de Suède avec l'une ou l'autre des saintes, un hôte moins ancien, Magnus d'Ëka, arrivé à Rome vers 1355, après la mort de sa femme et de ses enfants', le prieur d'Alvastra, enfin l'évêque de Vexiœ qui, au printemps de 1365, paraissait au tombeau des apôtres accompagné de Christine de Tofta, mère du sénéchal d'Upland ^
Les nouvelles que le prélat, la grande dame suédoise et leur nombreuse suite, apportaient aux deux exilées étaient faites pour tourner l'âme vers la prière, pour l'incliner à réclamer l'intercession des saints. Mieux que personne, Christine de Tofta, dont le fils jouait un rôle prépondérant, pouvait les raconter. Depuis l'élévation au trône d'Albert V% la lutte contre ce prince de Magnus et d'Haquin n'avait point cessé en Gothie, la seule province qui leur restât lidèle. Tandis que le nouveau souverain visitait son royaume et se trouvait en Finlande, les Folkungs attaquèrent le sénéchal d'Upland, alors maréchal du royaume et gouverneur de Stockholm. Albert revint en hâte, et le 3 mars 1365 une grande bataille se livra entre Enkœping et Tillinge. Magnus fut fait prisonnier. Haquin quitta le champ de bataille grièvement blessé.
i. BrigiUe lui avait prédit ses malheurs. Voirch. iv, p. 116. — Proc. Cin. Dep. Magni Pétri sup. IS» art. f. 106 v, 1 /{«. ///. 12.
Peu après, le roi de Norvège, incapable de continuer la guerre, consentait à traiter, et laissait Magnus captif dans une des grosses tours du château de Stockholm ^
Brigitte avait prédit, à la fois, le démembrement du royaume et cette réclusion de son cousin. L'heure de l'humiliation n'allait-elle pas être pour Magnus Theure du repentir? Maintenant qu'il ne pouvait plus rien attendre de soi-même et des autres, sa chute ne lui apprendrait-elle pas à espérer en Dieu ? Au cours des récits de Christine, la vénérable veuve se posait ces questions. Si Magnus comprenait la grâce de son épreuve, la déchéance du trône pouvait le préserver de Téternelle déchéance. Aussi le premier pécheur que Brigitte se proposa de recommander à saint François d'Assise fut-il le prisonnier.
Vers la fin de juillet ^, les Romains apprirent qu'elle s'éloignait de leur ville, et se pressèrent à la porte de sa demeure. Poussée par d'indicibles angoisses, une