Rev. m. i2. - IV. iU, iî5, 131. - VU
1 Proc. Can. Dep. Pr, de Ahastro sup. 34« art. f, 22i v.
344 SAIMJS BRIGITTE.
Pareille à c une galère dont la poupe toucherait la terre et dont la proue s'élancerait vers Candie, d la vieille cité s'élevait sur les bords de l'Adriatique, autour de Téglise consacrée à saint Nicolas. Le lointain ductié de Lorraine avait disputé aux Italiens la joie d'honorer son patron. De toutes parts les rois et les reines rivalisaient de générosité envers le saint, et la basilique était devenue le digne reliquaire du corps qu'elle renfermait. Brigitte y pria avec un tel élan, que son oraison obtint la pré- :sence du bienheureux. Elle vit couler sur lui l'huile sacrée que les fidèles recueillent de ses ossements, et qui figure l'abondance de la grâce divine en sa personne. Il parlait, il expliquait ce prodige par lequel Dieu récompensait l'humilité et la pureté de sa vie *.
Le prieur du chapitre de Saint-Nicolas, Marin Vulcano % se fit honneur de recevoir les Scandinaves chez lui. C'était un grand seigneur, jeune, fort riche, et plus occupé de satisfaire ses intérêts et sa vanité que d'aimer Dieu et de bien gouverner ses nombreux chanoines. La sainte lui communiqua des révélations du ciel à son sujet. Il en fut si frappé qu'il aurait voulu. retenir Brigitte avec toute sa suite; mais la période de liberté dont jouissait l'évêque de Vexiœ n'était point sans limites et d'autres sanctuaires sollicitaient sa dévotion. H fallut donc quitter les côtes de l'Adriatique et gagner sans délai, par la via Appia, la vallée où, entre de