‹ Sainte Brigitte de Suède, sa vie, ses révélations et son œuvreChapitre 75 sur 132 · Rev. VI. 103 — P. Beaiillo · texte numérisé non relu

Rev. VI. 103 — P. Beaiillo

2. Le P. Beatillo (632) nomme ce prieur Marino Bulcano. Dans les documents napolitains, la transposition du b et du v est une chose fréquente- Marino mourut en 1395, après avoir reçu d'Urbain VI le chapeau de cardinal. Quelques auteurs ont fait de lui le « prieur de l'île de Volcano. » L'erreur est évidente, cette île étant déserte.

hautes montagnes, se dresse la ville de Bénévent. Là reposaient les reliques du seul des douze apôtres que le Maître trouva parmi les puissants de la terre : saint Barthélémy. En ce lieu, la main divine s'appesantit de nouveau sur le prélat suédois. Des médecins, appelés pour le soigner, reconnurent qu'il souffrait de la pierre ; ses douleurs étaient intolérables, et il dut encore implorer une femme , qui n^avait aucune intelligence des sciences naturelles : a Aimez Dieu, lui dit-elle, et il « vous rendra la santé. » Thomas de Malstad comprit que la plénitude de la loi est Tamour; il guérit, et se releva de son lit de souffrances doux, humble et dévoué \

Ce fut un grand jour pour les pèlerins, que le jour ovi ils s'approchèrent de Naples, terme de leur voyage. Le moias poète, le moins lettré d'entre eux, s'était senti attiré par cette Parthénope, si aimée, si vantée. Déjà, au milieu des eaux bleues du golfe , les voyageurs apercevaient le rocher de Gapri, et les contours du Vésuvearrêtaientleurs regards. C'était comme une transfiguration des grands fjords de Morvège. La nature méridionale leur semblait plus lumineuse, plus féconde, plus variée, que celle de leur patrie ; mais il lui manquait un je ne sais quoi de voilé et de mystérieux qui, dans le Nord, appelle le désir vers les lointains et vers Tau delà, en faisant songer à l'infini.

Depuis Noie, les pèlerins avaient un nouveau compagnon .'Nicolas Orsini, l'ami de Brigitte. Après l'avoir reçue dans saville^ il entendait lui ouvrir le beau palais

1. flep. ///. 33. — IV, 107, 125. — Pioc. Càn, Dep. P, de Alvaslro tup, **•«!./•. 133».

346 SAINTE BRlGin^E.

qu'il possédait à Naples ^ La joie de loger des apôtres sous son toit fut pourtant ravie au comte de Noie ; il dut la céder à la noble Jacqueline Acciaioli, sœur du grand sénéchal de la reine et femme du seigneur des Buondelmonti ^ Au fond d'une demeure qui semblait loin de la cour par T austérité des mœurs et qui s'en rapprochait par le rang social de ses maîtres^ Brigitte apprit l'histoire des princes, dont le Christ Teatretenait à Ortone.

Jeanne I" avait perdu le meilleur bien terrestre de toute femme : sa réputation. On l'accusait d'adultère et du meurtre de son premier mari, André de Hongrie. Bien que le témoignage presque unanime de ses sujets, comme le jugement du pape Clément VI, eussent proclamé l'innocence de la « douce reine d, on l'attaquait sans relâche. Son chapelain Pétrarque ne parvenait point à la défendre contre Boccace, témoin de la mort du roi, et parmi les ennemis de l'Église, on laissait entendre que la beauté de Jeanne et la cession intéressée d'Avignon au pape, n'avaient point été sans influence sur les arrêt des la cour pontificale. Un sévère veuvage eût désarmé la critique. Mais Jeanne avait dix-huit ans ; ses qualités comme ses défauts la portaient à fuir la retraite, et, sans même attendre les dispenses de l'Église, elle épousait alors son cousin Louis de Tarente, accusé de complicité dans l'assassinat d'André. Après la mort de son second mari et celle de ses enfants, en dépit des souffrances qu'elle avait éprou*

Page 1