‹ Sainte Brigitte de Suède, sa vie, ses révélations et son œuvreChapitre 79 sur 132 · Rev, m. 12. — F · texte numérisé non relu

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ries. L'austère pontife regarda les deux étrangers :

«Vous êtes bien Je fils de votre mère, dit-il à Birger, « Vous, continua- t-il en se tournant vers Charles, vous « êtes un fils du siècle. »

La sainte se prosterna aux pieds du successeur de saint Pierre.

c Donnez à mes enfants l'absolution de leurs fautes, » 8*écrîa-t-elle.

Avec la fine ironie d'un gentilhomme français, Urbain V sourit. Il souleva la riche ceinture de Charles.

« Porter ces pesants habits sera sans doute une péni' € tence suffisante ? » demanda-t-il.

L'ancienne dame d'honneur de la reine releva ses yeux clairs et les fixa sur le pape.

« Très saint Père, dit-elle d'un ton respectueux « mais ferme, ôtez-luises péchés, moi je me charge de « lai ôter sa ceinture *. »

Cette entrevue avec Urbain V ne fut point, comme Brigitte l'avait espéré, suivie de rapports fréquents. Saisi d'un dégoût maladif pour le séjour de sa capitale, le pape quitta le Vatican et s'installa tantôt à Viterbe, tantôt dans le triste cbàteau de Montefiascone qui, pareil à une noire prison, s'élevait près du riant lac Bolsena. La fièvre brûlait le sang du pontife, ses rêves lui montraient le beau palais d'Avignon construit par ses soins. L'effort de volonté qui le retenait dans le patrimoine de Saint-Pierre ne suffisait plus à soutenir l'activité imposée par les intérêts de TEglise, Brigitte comprit qu'il ne lui accorderait pas, en ce moment, la

i. Proc. Can. B. Kater. /". 63r. et v. — Chron, 211.

seule chose dont elle n'avait point obtenu qu'il s' occupai: l'approbation de la règle du Sauveur, Elle savait persévérer sans jamais tomber dans le découragement; mais elle savait aussi qu'on s'agile en vain si Ton prétend agir avant l'heure de Dieu, et elle mit son espoir en la Providence. Aussitôt le Christ lui apparut. «Parfois, « lui dit-il, je t'ordonne d'attendre, parfois de marcher. « Aujourd'hui je t'envoie au tombeau de mon apôtre <c André. j> Comme elle objectait sa vieillesse, ses infirmités et le manque d'argent, il promit de pourvoira tout^

L'idée d'un pèlerinage à Amalfi fut joyeusement acceptée au palais Papuzeri. Les trois enfants de la sainte, l'évêque de Vexiœ, le prieur d'Alvastra, Magnus d'Eka, maître Pierre et d'autres encore pressèrent Brigitte de partir. C'était entreprendreun véritable voyage. De graves maladies régnant sur le rivage occidental de la presqu'île, on verrait les plages de l'Adriatique avant celles de la mer de Sicile, puisqu'on devait passer par Bari, singulier chemin pour gagner les environs de Naples.

Les Scandinaves obtinrent du saint-siège un saufconduit afin de traverser la Pouille, oii le comte de Bari guerroyait contre la reine Jeanne P®, et d'autres faveurs assurèrent leurs pratiques religieuses. Avec la rémission de leurs péchés et Tindulgence plénière à l'heure de la mort, Urbain V accordait à Brigitte et à Catherine le droit de faire célébrer la sainte messe, sur un ai^tel portatif, partoijt. où elles se trou.-

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