nev.IV. 126, 174. — VU
les pèlerins pleuraient la ruine de Jérusalem. Contrits, ils se frappaient la poitrine, en songeant à la somme des iniquités humaines et à leurs propres péchés.
Ce fut le 13 mai 1372 qu'ils se présentèrent à la porte du Chastel David *. Le vieux sang des croisés se révolta dans les veines de Brigitte lorsqu'elle dut payer neuf ducals, tribut accoutumé, et recevoir d'un musulman le droit de prier au tombeau du Christ. Volontiers les voyageurs eussent accepté l'hospitalité des Franciscains qui, depuis 1342, gardaient les saints Lieux et ouvraient aux pèlerins l'hospice qu'ils venaient de construire. Mais la Vierge Marie en décida autrement. Les frères Mineurs ne vivaient point dans l'union parfaite ; leurs hôtes seraient sans doute appelés à prendre parti. Si Brigitte soutenait les forts, peut-être scandaliserait-elle les faibles, il valait donc mieux frapper à la porte de l'hospice Saint-Jean, où les couvents séparés des frères et des sœurs s'ouvraient, l'un aux hommes^l'autre aux femmes. Selon l'usage, Brigitte^ et sa suite avaient reçu des Franciscains de Rama les vingts sept conseils qui formaient le code des relations avec les habitants de Terre Sainte. Avant d'accorder aux Suédois l'entrée des saints Lieux, où il leur était permis de passer dans le jeûne et la prière la nuit qui précédait l'octave de l'Ascension, le père gardien leur donna de nouveaux avis par rapport aux huit nations représentées sur le Calvaire.
La servante de Dieu s'agenouilla devant le tombeau où, durant trois jours, avaient été ensevelies toutes nos