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et de Joachim ^ Elle connaissait la mère de Marie, elle avait reçu de ses reliques au monastère de Saint- Faul-hors-les-murs et, durant une extase, elle s'y était entretenue avec la sainte de l'ancienne loi. A Jérusalem, sous la grotte même où est née la Vierge, Anne parla longtemps de l'amour réciproque qu^elle et Joachim se portaient, amour conjugal plus pur que celui de tous les autres époux, et dont les racines partaient du ciel. La veuve d'Ulf était digne d'entendre l'expression de cette tendresse, soumise aux volontés divines, dont la volupté n'avait jamais troublé l'innocence. Elle partageait les sentiments d'Anne et de Joachim, quand un ange leur annonçait qu'ils donneraient le jour à la Vierge Mère de Dieu et que l'enfant naîtrait dans les conditions ordinaires de l'humanité, quoiqu'elle sortît pure de la postérité souillée d'Lve, comme une fleur immaculée sort d'un germe tombé eu pourriture. La très sainte Vierge, visible aux regards de Brigitte, lui disait elle-même: « r ai été conçue sans péchés » et lui expliquait comment son âme, venant habiter son corps, le sanctifiait et répandait une joie mystérieuse dans tout l'être de sa mère ^. Marie décrivait Pallégresse des anges, la terreur des démons, au moment de sa nativité ; elle racontait tout le cours de sa vie. Dès son enfance, Satan avait cherché à la tenter ; mais il ne parvenait pas à la distraire de Dieu un s^ul instant. La plénitude de la grâce en son
1. La tradition occidentale fait naître Marie à Nazareth; mais la tradition orientale et le sentiment unanime des Franciscains de Terre Sainte, est que la Vierge vit le jour à Jérusalem, près de la piscine Probatique. Guide Ind., 310.