‹ Sainte Brigitte de Suède, sa vie, ses révélations et son œuvreChapitre 95 sur 132 · Diar · texte numérisé non relu

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mystérieuse que Jésus fait homme donne l'exemple d*attendre. Certes elle souhaitait Tunion avec le Christ, certes elle s'élançait vers cette mort, qui depuis la Rédemption n'était plus la sombre suivante du péché, venue sur la terre pour y défigurer l'œuvre du Créateur, mais lacompagne dû Ressuscité, Tamie dont le baiser ouvre le ciel. Pourtant on sentait Brigitte retenue au rivage terrestre par un dernier sentiment humain. Quelques instants encore, et elle ne pourrait plus souffrir : son sacrifice serait consommé. Cette minute était la dernière oii il lui serait permis de s'immoler, et son ànie ne comprenait pas encore l'amour sans le sacrifice. Ce qu'au cours de ses longues années elle avait offert à Dieu : ses richesses, ses honneurs, la santé, la joie de vivre dans sa patrie près de sa faniille, tout cela lui semblait méprisable en échange de l'amour qu'elle demandait à son Bien-Aimé. Plus éloquemment que des paroles, la vie de la tertiaire franciscaine disait avec le pauvre d'Assise :

Par comperar Tamor tutto ho date, Lo monde e me ho tutto perbaratto Se fosse mio quel ch'è crealo Darialo per amor sanza ogni patto '.

Il suffisait d'avoir vécu près de la vénérable femme et d'avoir médité ses écrits pour deviner Tunique regret qu'elle emportait. A l'heure suprême où le temps finissait pour elle, il lui coûtait d'abandonner un privilège attaché à notre terre : celui de pouvoir se faire aimer davantage de Jésus-Christ et de pouvoir l'aimer davan-

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