Lacordaire. Vie de St Dominique, ch. xvi
2. Le Tiers Ordre, appelé par saint Dominique : Milice de N. S. Jesus-Christ j n'eut d'abord d'autre règle que les enseignements de son fondateur, transmis par la tradition. Dans le principe il était uniquement destiné aux hommes et aux femmes qui vivaient dans le monde ; plus tard les tertiaires se divisèrent, les uns s'enfermèrent dans des monastères et prononcèrent les trois grands vœux, tandis que jes autres continuant leur voie primitive observèrent la règle de saint Dominique rédigée par le septième maître général des Frères Prêcheurs. 6. Raim. Pars. I, cap. iv, p. 870-871.
quitta plus le chevet de son enfant. La mort semblait venir. Comment lui disputer sa proie? i<Ma douce mère,» dit une nuit Catherine, « si vous voulez que je guérisse, a il faut que j'aie Thabit des sœurs, car, si je n'ai cet « habit, Dieu et saint Dominique qui m'ont appelée à « leur service feront tant que vous ne m'aurez plus ni re- K vêtue de celui-là, ni revêtue d'aucun autre. » Etait-ce une prophétie ? Lapa le craignit et, dès le lever du soleil, elle courut à l'église Saint-Dominique afin d'attendre les sœurs dans la chapelle délie Volte, où elles avaient coutume de se réunir. Cette fois elle plaida mieux sans doute la cause de sa fille, car les tertiaires promirent de l'admettre dans leur confrérie, si elle n'était pas d'une beauté qui attirât trop les regards des hommes. « Venez et voyez, » répondit Lapa entraînant trois ou quatre des principales professes auprès de Catherine. Les ravages de la petite vérole rendaient la pauvre enfant méconnaissable ; les qœurs ne purent donc pas juger de sa beauté, qui d'ailleurs était sanctifiée par le rayonnement de son âme sur ses traits, mais elles furent saisies d'admiration en l'écoutant parler des chosesdeDieu. Qu'importait la jeunesse, si le jugement était formé, la conscience éplairée, et le cœur donné sans retour î Grâce au rapport de ces vénérables sœurs Catherine fut reçue dans le Tiers Ordre à l'unanimité des suffrages, et elle obtint sur Theure de Jésus- Christ les forces qu'elle ne sollicitait de lui que pour les consacrer à son service.