GÉNÉALOGIE DE CATHERINE BENINCASA
(Voir chapitre I, p. 3.)|
Nous n'entrerons pas dans de grands détails sur la généalogie des Benincasa; les contemporains n'en parient point et nul n'y songea avant la canonisation de la fille du teinturier. Très nombreux en Toscane, sans être alliés entre eux, les Benincasa restèrent obscurs et rien ne nous prouve la communauté d'origine de Catherine avec les Borghese non plus que sa descendance du Français Tiezzo ou Teuzzo qu'on veut leur donner pour souche. Le livre de Biccherna de 1233 perdu aujourd'hui mentionnait, assure-.t-on, un Benincasa, fils de Tiezzo et frère de Bencivenne auteur des Borghese. Comme les Borghese, déclare Gigli, les Benincasa portaient un dragon dans leurs armes, et à l'appui de cette assertion on nous montre sur le tombeau de J. Benincasa, père de la Sainte, une flgure informe qui ressemble à un dindon. Mais quand même on admettrait la présence du dragon dans les armes des Benincasa elle pourrait aussi bien, provenir de la c Consorteria» qui se pratiquait au moyen âge en Italie que
de la parenté. Les Borghese, bons juges dans cette matière obtinrent du pape Urbain VIII que les leçons de TOffice de Catherine qui admettaient cette parenté, ne seraient point insérées dans le Bréviaire romain et la Congrégation des Rites n'aurait pas rendu sans raison un pareil arrêt. De nos jours le comte Borghesi de Sienne nexroit ni descendre de Tiezzo ni être le parent de sainte Catherine. Il nous semble que cette question n'a pas d'importance. Si nous la traitions nous n'oublierions pas que le poète Ugolin Verini fait descendre les Benincasa de Romulus en personne.
Sans nous arrêter à relever les erreurs des auteurs modernes qui citent des livres de Balia au xiii* siècle tandis que la Balia ne devint une magistrature régulière que beau coup plus tard, nous renvoyons aux sources où nous avons nous-même puisé.
Voir Bib. com. de Sienne, les Codex.
D. VII, 12, f. 12 à 104. — T. I, 8, f. 1. — B. VII, 12, f. 253, 259. - C. V, 3, f. 12 à 124. — C. IV, 27, f. 21 à 58. - C. IV, 16, f. 94. — T. III, 7, f. 243 à 247. — E. IX, 4, f. 206. — T. III, 6, f. 305.
Puis Echard, t. II, p. 823 et le Diario sanese de Gigli, Lucca 1723, t. I, p. 162 ; t.II, p. 112.
Le a Libro délia corona C. 43 t. Archivo délie Riforme di Siena » dit clairement que Jacques Benincasa était de popolo parvo. Cette classe intermédiaire nommée popolo minore tenait le milieu entre la Seigneurie des Neuf, popolo maggiore, et le popolo basso adonné aux arts vils qui gouverna rÉtat en 1368.
Le grand-père maternel de Catherine, Puccio di Piacenle ou Piagente est fort connu en Italie (Urgugieri Pompe sanesi, t. I, tit. 18, etc.). Crescimbeni, dans son Istoria délia Vol garPoesia,p. 26-27 et dans ses Comentarj, p. 60, par le beaucoup de ce poète et cite de lui quelques vers gracieux. Les Français qui voudraient savoir ce qu'était la poésie siennoise à cette époque pourront sW faire une idée . en lisant là
« Ballade * ac\4.1irf)d ùt Nnsf^fll & traQulre zvf^ tant ⣠charme e4 d*t:xacîjtuûi: d uik j»:t*^1* àt tzu' sii*iÎH^ Kicc an Sieoa. (Carmitsme. aalt IL «c TEL « T^ clt^^ JUncmr, ce qxà cause ma pÈsiitÊ. »;
LE COIIMENCEVEVT l'E L'ANXLE EN ITAUE
A Sienne, Pise^ etc. ranimée oommesçaîl le joar de T.Ui- DODciatâoD selon Fnsacv êtal^li en Italie par E^envs le Petit. Le calcul nommé calcul pisan prèoèdail de neuf mois et sept jours notre année julienne. A Fiorenoe l'année commençait également le 25 mars, mais c'était 12 mois plus lard qu'à Pise. Rome et Milan commençaient Tannée à Noël ; Venise le l* janTier pour T'année ordinaire ; Tannée légale s'ouTraît le l** mars. On conçoit les difScullés que ces différents styles apportent dans notre chronologie, d^antant plus qu'aucun pays ne suit exactement la règle qui lui est propre. U est facile en rderant Tindiclion de prouver que les Chroniqttes Siennoises publiées par Muratori, ou même les Actes publics de Sienne suivent parfois le calcul florentin. Nous nous sommes efforcés de fixer arec toute la précision possible les dates même les moins importantes, mais Muratori luîmème reconnaît que nul ne peut éviter de lourdes erreurs.
ORATOIRE DE FONTEBRANDA (Voir chapitre XXII, page 379)
La maison des Benincasa contient trois chapelles. La plus ancienne (voir Milanesi, n* 2k0 A. D., U69) appartient à la Confrérie du quartier, quartier qui en 1536 prit le nom de contrada delP Oca à cause dn grand nombre d^oies qu'on y élevait. (Faluschi Chiese Senesi. Bib. Corn, de Sienne, Cod. E., V.16.) C'est Patelier même de Jacques Benincasa. Go ne sait si Tarchitecte fut Francesco di Giorgio, ou Francesco di Duccio del Guasta. Corso di Bastiano, Antonio Federighi, Mariano.di Fingo, Giovanni di Guglielmo et Giovanni di Paolo y travaillèrent. Cristofano di Mone fut chargé des vitraux, ' Nofrio d'Angelo des serrures. Les loges qui décorent la façade, le buste de la Sainte qui surmonte la porte latérale, sont l'œuvre de Cozzarrelli; sur la porte principale le bas-relief qui représente Catherine entre deux anges est dû à Urbain de Cortone. A Tintérieur, les murailles sont cou* vertes de fresques non sans mérite, œuvres de FoUi, de 01rolamo del Pacchia et de Salimbeni. Sur Tautel que fouilla le ciseau de Redi et que domine une lunette peinte par le Sodoma, s'élève la statue de la Sainte, que Neroccio sculpla en bois (1455). Après avoir monté quelques marches on parvient à deux cellules. Dans Tune on voit la pierre sur laquelle Catherine endormie reposait sa tète et la petite fenêtre par laquelle elle distribuait ses aumônes. L'autre plus grande est disposée en Oratoire. Un escalier conduit à la seconde chapelle qui occupe l'emplacement du jardin en terrasse de la Sainte. Elle est reliée à la maison par un charmant petit