Dialogo CLXXI, XGVII, GVI
Il n'était plus possible à Catherine de se méprendre, rhumilité seule avait éveillé ses craintes et cette humilité même lui prouvait qu'elle n'étaient point fondées. Elle s'abandonna donc à la direction surnaturelle de son Maître, et leurs entretiens devinrent si fréquents que la conversation la plus intime entre deux amis n'aurait pas suffi aux pensées qu'ils échangeaient. « Ne a sais tu point, ma fille, qui je suis et qui tu es? » lui dit le Sauveur tandis qu'elle faisait son oraison, ce Si tu c< savais ces deux choses, tu serais vraiment Bienheu- <c reuse. Tues celle qui n'est pas, je suis Celui qui est, ce que ton âme reçoive cette pensée, et les puissances ce infernales ne prévaudront point contre elle. Tu seras ce obéissante à tous mes commandements et comme ce revêtue de grâce, de vérité et d'amour. » Puis le Maître ajoutait : « Pense à moi, ma fille, et je penserai ce à toi ! * »
Dans sa reconnaissance Catherine aurait voulu que l'univers entier s'unît à elle pour remercier Dieu. Plus elle s'approchait de lui, moins elle comprenait que des créatures appelées à passer leur vie dans l'échange de l'amour pussent reprendre leur cœur au Créateur pour l'abandonner à de folles passions ou à de vils instincts. Une vision, féconde en enseignements comme les paraboles de l'Évangile, Téclaira. Au milieu de belles campagnes s'élevait un arbre vigoureux ; cet arbre était si haut qu'on n'en voyait pas le sommet; ses racines s'enfonçaient profondément dans le sol et d'admirables fruits faisaient courber ses rameaux sous leur poids, mais il était entouré d'épais buissons de ronces. Non