‹ Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 19 sur 116 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

(136ft-13Tl) .

... « fai tanto soUîU ProTTedimenti che a mezzo noTembre Non gioDge qui che tu d*oitobn flli. »

(uante. Puig. VI.)

«Cmn GhrisCo paiprr tïto opiileaU satis. »

(Son. dfi S. Calbar. Ant. MugcioL)

Révolution de 1368> — Danger des frères de Catherine ~~ Ils sont appelés à preadre part au gouvememeat. ^- Visions de Galherioe. — Roine des Benincasa. — Catlierine ressuscite sa mère. — Elle convertit Ândré.dei Bellanti et Christophe dei Cerrelani. — Trou-

* blés de 1371.

Le temps n'avait pas eucore adouci la douleur des Benincasa et chacun d'eux s'essayait aux nouveaux devoira que faisait peser sur lui la mort du chef do la famille quand, le 2 septembre, les frères de Catherine entrèrent dans sa cellule. Les paroles se pressaient sur leurs lèvres, mais le trouble qui les agitait ûtait toute suite à leur récit. La Seigneurie des Douze venait d'être renversée par la main des nobles qu'elle-

même arait armée poar les exciter à s'entre-détruire. S'il était pénible de voir tomber son parti, eombien n'était-tl pas plus pénible encore do lo voir tomber honteusement, victime des embûches qu'il avait luimême tendues? Les Consuls pris dans Tancienne noblesse, les trois plébéiens du parti des Neuf qui se partageaient le pouvoir, seraient-ils généreux envers de tels vaincus? Us avaient, il est vrai, chassé la Seigneurie sans répandre de sang, ils n'ordonnaient aucune exécution, mais pourraient-ils empêcher leurs partisans de profiter du trouble général pour satisfaire des haines longtemps contenues? Les frères de Catherine parlaient encore quand iis furent interrompus par un de leurs amis. On recherchait Barthélémy, qui durant les mois de septembre et d'octobre 13&7 avait fait partie do la Seigneurie; une troupe d'hommes armés marchait sur l'atelier, on n*avait pas un moment à perdre pour se mettre en sûreté dans l'église de Saint-Antoine où beaucoup de Siennois avaient déjà trouvé asile et protection. « Je plains ceux qui sont à Saint-Antoino, » s'écria vivement Catherine ; « mes frères no peuvent poiut y aller ! » Avec sa grâce accoutumée elle remercia l'ami fidèle qui les avertissait du danger et le congédia. Saisissant alors son manteau d'une main, elle ouvrit la porte de l'autre. « Venez avec moi, no craignez pas, » dit-elle. Hardiment elle marcha dans la direction du Dôme, hardiment elle traversa la place del Campo, étroit vallon en forme de conque marine que Tart du moyen âge a décoré de toutes les splendeurs. Là, dovant le palais de la Seigneurie, les partis célébraient leur triomphe, mais chacun salua au passage celle dont on n'avait appris à connaître les traits que parco qu'on

vénérait ses vertus. Nul ne songea à lui disputer ses compagnons. C'est ainsi qu'elle arriva à THopital Santa Maria délia Scala. Aussitôt elle se recommanda aux Frères délia Scala chargés du soin des malades, et à ceux de la Discipline qui tenaient leurs réunions pieuses dans les chapelles souterraines de l'antique édifice ^ « Restez ici cachés pendant trois jours », ditelle à ses frères, « puis revenez chez vous sans, aucune crainte. Adieu ! »

Pendant ce temps Tami des Benincasa comprit qu'il avait surpris une prophétie sur les lèvres de Catherine quand elle s'était écriée : « Je plains ceux qui sont à ce Saint-Anloine, » car ces infortunés arrachés au sanctuaire furent égorgés ou jetés dans les cachots. Enfin Tordre se rétablit, et les Benincasa purent reprendre leurs travaux, après avoir soldé au prix de cent florins d'or Tamende dont les vainqueurs frappèrent les vaincus.

La guerre civile n'était pourtant pas terminée ! Vingtdeux jours après la Révolution, les Douze, soutenus par la puissante famille des Salimbeni et appuyés des lansquenets de l'empereur Charles IV, combattaient dans les rues de Sienne. Catherine, qui s'efforçait de modérer l'indignation dé ses frères, ne put les retenir tous auprès d'elle. Etienne, le plus aventureux, s'élança dans cette sanglante mêlée qui ne dura pas moins de vingt-quatre heures. Blessé à mort et toujours frémissant de haine il allait mourir : Catherine, miraculeusement avertie de son danger, obtint du divin Maître sa

1. Cet hôpital, le plus connu d'Italie, fut construit à Tépoque où Sienne était au pouvoir de Gharlemagae.

guérison en même temps que Tapaisement de son

cœur '

Cette seule journée de bataille mit Sienne au pouvoir (le soi-disant Réformateurs qui lui donnèrent une Seigneurie composée de douze'^membreS; dont trois appartenaient au parti des Neuf y quatre au parti des Douze et cinq au bas peuple, appelé pour la première fois à prendre part au pouvoir. La fière noblesse siennoise, qui avait autrefois payé de son sang les gloires immortelles de la République, était exclue des charges de rStat. Trop accoutumée à la contemplation de réternelle Vérité pour ne pas discerner au milieu des violences des hommes les imprescriptibles droits de la justice, la Bienheureuse se dit alors que la part accordée aux diverses classes offrait un singulier contraste avec les services qu'elles avaient rendus à la patrie.

A tant de maux se joignit une affreuse disette, et Catherine, qui parfois acceptait pour quelques jours l'hospitalité d'Alix, la voyait se nourrir d'une farine avariée et malsaine. Quand la moisson nouvelle diminua la misère, Alix voulut vider son grenier qui ne contenait plus qu'un peu de grain pourri. Catherine s'y opposa ; il ne fallait pas jeter les dons de Dieu , patrimoine des pauvres. Quoique son amie lui prouvât l'inutilité d'une pareille aumône, la sainte pétrit et mit au four cette farine gâtée. « Aussitôt, » dit Catherine, « la Vierge « Marie me remplaça dans une tâche semblable aux « humbles devoirs dQ Nazareth et me remit les pains un « à un.» Alix et sa servante restaient muettes d'étonnement; ces pains, dont le nombre était hors de toute pro

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