SOUFFRE DE L'IN JUSTICE DES HOMMES
dressa devant-elle. Catherine a^ait vaincu la nature, il voulait lui donner un breuvage surnaturel et, approchant les lèvres de la jeune fille de son côté ouvert, il lui dit : «Bois, ma douce bien-aimée, ton âme sera remplie a d'une joie qui débordera sur le corps que tu as mor- « tifië. y> La Sainte se désaltéra à la source de vie, et à partir de ce jour elle ne put même plus manger les légumes qu'elle prenait auparavant.
Aussitôt, on se fît une arme contre Catherine de cette grâce singulière de Dieu. « Les saints, la Vierge Marie, « leChrist lui-même, ne vivaient pas sans manger, » disait-on ; a la fille de Lapa feignait cette existence miraa culeuse et prenait en secret ce qu'elle se refusait « en public. » Le P. Thomas interrogea sa pénitente. Elle eût voulu vivre comme les autres, elle suppliait Dieu de le lui permettre, car elle préférait éviter la gourmandise par amour que par contrainte, mais c'était en vain qu'elle s'efforçait de manger. *■ Elle était rassasiée par la sainte Eucharistie et, quand on ne la Itissait pas communier, la seule vue du sacrifice de la messe suffisait à réparer ses forces. Fidèle aux lois de l'Église, qui ordonnenjt de grandes épreuves avant d'aceepter les faits extraordinaires comme miraculeux, le P. Thomas contraignit Catherine à manger. Un spasme <Ungereux suivit ce repas. Aussitôt la tertiaire fit ap- {H'ier le Dominicain. « Si vous voyiez que l'excès du •jeûne va causer ma mort, vous me défendriez de com- « mettre un homicide. Eh bien ! n'est-ce pas la même • chose de me tuer en me forçant à manger? » Le religieax se rendit à ce raisonnement, mais, en butte à mille