CHAPITRE X
Li padri e le madri, i figliuoli quasi loro non fossero di Tisilare e di servire schifavano.
(Dec. Boccacio, Gior. I.)
Christo riniego, e*l ciel e tutti i santi...
Se morir dere un huom gioTane e forte, S*a cio crudeltà il mena e non giustizia.
a Signore
ConTerti a te si grare peccatore.
(Il Malatesta rappres. di S. Caterina.)
Teste de Sienne. -* Catherine'^perd son frère Barthélémy et neuf de 168 neTeoz. — Elle guérit miraculeusement un grand nombre de malades. — La disette et la guerre civile joignent leurs horreurs à celleg de l'épidémie. — Catherine porte aux prisonniers les conlolalioos de la foi. — Elle convertit et accompagne au supplice Nieolas Toldo de Péroase. — Puissance du sang humain versé en expiation.
Au moment où le P. Raymond et Catherine se voyaient pour la première fois, pendant le printemps de 1374, la peste, qui existait depuis plus d'un an à Sienne, éclata avec une extrême violence. On souffrait
un jour ou deux, puis la mort venait si rapide, si soudaine, que le pape Grégoire XI, saisi de compassion, avait accordé l'indulgence plénière aux victimes du fléau. La contagion inspirait une terreur sans limites ; souvent l'amitié, l'amour, le sentiment paternel même, ne retenaient pas au chevQt du pestiféré ceux qui jusqu'alors n'avaient eu avec lui qu'un cœur et qu'une âme. Resté seul il se croyait abandonné, mais à l'heure où il devenait un objet d*borrei2r pour ses amis de la terre arrivait à lui un inconnu qui, ému de toutes les pitiés, prêt à tous les sacrifices, choisissait cette heure même pour ve dire et se montrer son frère en Jésus- Christ. G^est ainsi que prêtres et religieux couraient d'un malade à l'autre, jusqu'à ce qu'ils tombassent mourants aux pieds de oeux qu'iU exhortaient. Les Frères Prêcheurs semblaient se multiplier et puiser des forces nouvelles dans Texemple de Catherine. Durant tout le jour ils la voyaient accourir les agonisants; la nuit venue, ils la rencontraient encore cherchant son chemin un bâton à la main, tandis qu'avec une petite lanterne elle s'éclairait pour relever les corps tombés dans les rues désertes, et s'assurer qp^ls ne donnaient aucun signe de vie '.
La douleur personnelle qui ferme tant de cœurs ouvrait plus largement celui de Catherine aux infortunes d'autrui. Elle était cruellement frappée. Son frère Barthélémy avait succombé au fléau laissant onze enfants. Bientôt l'un d'entre eux le suivit dans la tombe, puis d'autres. Le fils de Benincftsa fiit aussi emporté et neuf fois la Sainte vit finir ces courtes existencea qui, arrêtées