‹ Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 50 sur 116 · I. Lettere · texte numérisé non relu

I. Lettere

religieuMs qui soignaient les malades dans une maison Toiftine du couvent des Prêcheurs ; mais dès son arrivée la Sainte a,lla au palais Gambacorti s'entretenir avec le maître de Pise* Aurait-elle encore sur lui quelque influence? La politique des accommodements n'avait^elle pas faussé le jugement de l'homme d'Etat? L'heure était solennelle, et bien que Catherine laissât le résultat de ses travaux aux mains de Dieu, elle ne pouvait ^e défendre d'une vive anxiété. Longtemps elle exhorta Gambacorti, souvent elle le revit ; enfin, elle gagna sa cause, car le b décembre 1375 les Pisans refusèrent d'entrer dans la Ligue des Villes ^

Au cours de ces négociations le P. Raymond et un autre Dominicain, Pierre de Velietri, parurent tout en larmes devant la Sainte. Pérouse, l'un des derniers remparts de la papauté, venait de passer à rennemi, La rébellion des Etals de TÉglise était complète et, pour comble de malheur, la mauvaise administration des lé^ gats n'y semblait pas étrangère. Catherine secoua tristement la tète. Elle avait prévu ces désastres et cherché 4 les empêcher en écrivant à Guillaume du Puy, abbé de Marmoutiers, qui en était une des causes principales Elle voulait prouver à ce parent privilégié du Pape, chargé de missions dont il se montrait incar pablo, que le népotisme est une des plaies de l'Église. Elle lui avait jeté à la fiice que les pasteurs ne sont point faits pour abandonner en pâture au vice leur vie nchelée par tout le sang du Christ crucifié K Mais le

1. Roncioni, ktorie Pisane. Arch. storico ital., t. VI, 1. XVI, p. 921 «t922.

Page 1