‹ Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 51 sur 116 · Uttera · texte numérisé non relu

Uttera

Nonce apostolique ne suivit pas les conseils qu'il' avait lui-même demandés et se livra à de telles intrigues, que la conduite des Pérugins eût été excusable, si la tyrannie excusait la révolte à main armée. En regard du trouble que ces événements portaient dans les consciences, Catherine trouvait les pertes temporelles peu dignes de regrets. « Séchez vos pleurs », dit-elle aux Dominicains, « de plus grandes douleurs les feront bienoc tôt couler. » Le P. Raymond n'admettait pas qu'il y eût des douleurs supérieures à celles de l'heure présente. Alors elle ajouta : «Le clergé sera plus coupable « que les laïques ; quand le Saint-Père voudra le réfor- «c mer, il scandalisera l'Église entière, il la ravagera, il «la partagera comme s'il était hérétique. » — «Ma « mère, est-ce qu'une nouvelle hérésie nous menace?» s'écrièrent les Religieux. — «Ce n'est point, à vrai dire, «une^ hérésie; pourtant l'Église et la Chrétienté seront -« divisées; préparez-vous à la patience, car il vous fau- -a dra assister à ces malheurs » ^

Dès lors les Siennois voulurent retourner dans leur patrie. Une cruelle épreuve les y attendait; la République entrait dans la Ligue des Villes! Ce que la Sainte avait obtenu des Seigneuries étrangères, elle ne Vêtait même pas crue autorisée à le demander aux Réformateurs! Grâce à elle, Lucques et Pise restèrent neutres tandis que Sienne s'alliait à Florence *.

Catherine prétendit du moins maintenir ses fidèles dans le respect de l'Interdit qui serait le châtiment de la révolte contre le Pape. Sa parole, elle le savait,

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