‹ Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 64 sur 116 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Vieni a veder la tua Roma che piagne.

Vedova, sola.

(Dante, Purg. XII.)

Caterina Fe che il pastor che il Vaticano onora Airin tornasse alla âittà latinà.

(Son. in onore di S. Caterina.)

Calberine triomphe des dernières hésitations de Grégoire XI. — Le départ d'Avignon. — Stations à Toulon, à Varazze et à Gênes.

L'espérance de voir partir Catherine charmait la cour pontificale; les cardinaux se disant qu*ijs allaient enfin reprendre leur empire sur Grégoire, facilitaient aux Siennois tous les moyens de regagner Tltalie ; Louis d*Anjou étonnait sa suite par la générosité avec laquelle il donnait cent francs d'or pour aider aux dépenses du voyage, quand le Pape arrêta cet élan et déclara que la Sainte ne s'éloignerait pas d'Avignon avant lui. En même temps il accorda une audience à Catherine mais non point une audience d'adieu.

Gomme de coutume on reçut Catherine dans les appartements privés. Autour du somptueux cabinet de travail étaient rangés des manuscrits aux riches reliures dans lesquels le "Souverain Pontife lisait les œuvres des philosophes anciens, des Pères de l'Église, des historiens ou des poètes ^ Par les fenêtres on apercevait une plaine riante animée par « le fier Rhône qui « dès qu'il arrive à Avignon consent à s'infléchir pour « venir saluer Notre-^Dame des Doms ^. » Au loin le soleil éclairait le Mont-Ventoux, de lumineux scintillements couraient sur cette vaste campagne étendue aux pieds du Pape comme un jardin en fleur. La jeune Sainte soupira. Grégoire quitterait-il une telle patrie ?

Le premier [mot du Pontife fut pour intimer à Tambassadrice Tordre de rester. Elle sembla surprise qu'il ne se préparât pas lui-même au départ, mais elle ne le BoUicita pas de la suivre et se contenta de lui rappeler qu'en ce moment même Luc Savelli notifiait au Saint- Siège de la part des Romains que si le Pontife s'obstinait à vivre en France, on pourrait de son vivant lui choisir un successeur Italien. Grégoire était livré à une douloureuse incertitude. Déjà il avait fait secrètement armer sur le Rhône des galères chargées de ses bagages, pourtant il hésitait encore à partir. L'heure d'agir sonnait et il réclamait des conseils cent fois donnés. Catherine s'excusa. Jusqu'ici elle avait parlé au nom de Jésus-Christ, maintenant elle jugeait sa mission terminée et elle

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