‹ Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 65 sur 116 · Lou Rose tan fier dins si ribo · texte numérisé non relu

Lou Rose tan fier dins si ribo

Consent pamens a faire gibo

Por venir saluda Nostro Damo de Dom.

(Mireio, cant. Treseu.)

répondit qu'il n'appartenait point à une pauvre femme * comme elle de s'immiscer dans les affaires de l'Église, ce Je ne vous demande pas des avis, » s'écria le Pape ; «je Yous demande de me faire connaître la volonté de « Dieu. » Ce qu'elle avait dit si souvent, Calherine refusa de le redire jusqu'à ce que Grégoire lui eût formellement ordonné de parler, ce Nul ne connaît mieux ce la volonté de Dieu que Votre Sainteté qui s'est encc gagée par un vœu, » murmura- t-el le alors en baissant les yeux. Personne sur la terre ne savait le serment par lequel Pierre du Rogier de Beaufort s'était lié dans l'éventualité de son accession au trône pontifical. Seule une sainte pouvait pénétrer sa pensée et le convaincre de manquer à sa parole ^

La victoire de Catherine fut décisive. Désormais rien ne put retenir Grégoire à Avignon. Quatre cardinaux refusèrent de le suivre ; il les laissa en Provence chargés de pourvoir aux besoins de deçà les Monts ; son vieux père se jeta sur le seuil de sa porte l'obligeant à lui passer sur le corps ; lé Pontife si faible envers sa famille continua son chemin ; les prières le trouvèrent sourd, les larmes insensible, les funèbres présages incrédule, ce Père Saint, » disait le duc d'Anjou , ce vous allés en a un païs, et entre gens où vous êtes petit amés. » Qui le savait mieux que Grégoire? ce Vous laissies la fontaine ce de foi et le roïaume ou l'Église a plus de voix et d*excc cellence que tout le monde. » Le Pontife français était de cet avis ! ce Par votre fait pourra cheoir l'Eglise ce en grant tribulation, 3> continuait le Prince, mais soin

1. Processus attest. F. Barth. Sen.D. Mart., t. VI, p. 1325. Baluz in vita Greg. XI; p. 949.

éloqiience fut perdue car le Pape quitta Avignon et ^gna Marseille aussi vite que pouvait le permettre la pompe dont il était entouré ^

G^était le mardi 13 septembre 1376. Le même jour, à la même heure Catherine prenait dans un plus modeste équipage le chemin de l'Italie ; ses bagages n'entravaient pas sa marche car elle n'avait que le bâton et la besace des apôtreSy mais elle rapportait à ses disciples d'outremonts des indulgences et autres faveurs spirituelles. Soixante-dix-sept des siens pouvaient compter sur le pardon de l'Ëglise à l'heure de la mort; de plus elle avait le privilège de faire célébrer la Sainte Messe partout où elle se trouvait. On voyagea donc- emportant pour ainsi dire avec soi Dieu présent, visible et sensible dans la Sainte Eucharistie '. D'abord on descendit le Rhône, entraîné par les eaux de ce fleuve qui, si impétueux à sa source, se fatigue bien avant d'arriver à la mer; puis on mit pied à terre et, au lieu de s'embar^ quer sur la Durance, « ardente à la course, » on longea ses rives dominées par les cades et les arbousiers fleuris '•

Le matin on devançait le soleil et Catherine comparait les ténèbres qui précèdent l'aube à la nuit que l'homme

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