‹ Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 67 sur 116 · Ep. Dom. Steph. ~B. Raim. Pars. II cap. xin, p.91S · texte numérisé non relu

Ep. Dom. Steph. ~B. Raim. Pars. II cap. xin, p.91S

leurs de la Bienheureuse étaient protégés du ciel et que ses détracteurs succombaient à des châtiments qu'elle eût volontiers détournés d'eux. Ainsi, tandis que les affligés la quittaient consolés, que les sénateurs, les lettrés partaient de chez elle ravis de ses discours, que les théologiens participaient à sa science, un orgueilleux qui osait Tinsulter tomba raide mort à ses pieds.

Sur ces entrefaites, la flotte papale fut signalée en Tuc du port de Gênes. Naviguer avec vingt-deux galères et le Grrand-Maître des Hospitaliers de Saint-Jean comme pilote ne rendait pas le voyage plus facile. Seize jours d'une mer implacable avaient abattu les forces de Grégoire XI. Les Génois et leur doge plébéien Domenicode CSampofregoso, hautains, entêtés de leur richesse et de leur pouvoir, accueillirent le Pontife avec honneur parce qu'ils espéraient l'entraîner dans une ligue politique. Mais le Pape songeait peu à conclure de nouvelles alliances : derechef, tous ses projets, |même le rétablissement du Saint-Siège à Rome étaient remis en question. Les cardinaux, prompts à s'emparer de son esprit troublé par d'horribles tempêtes, lui avaient montré le ciel déchaîné contre lui, si bien que, dans un consistoire public tenu à bord, le retour en Provence avait été résolu ^

La parole de Catherine releva ce faible courage. Grégoire XI, quittant furtivement le Palais du Doge, était entré dans celui d'Orietta Scotta à la tombée do la nuit, comme un coupable ; il en sortit le front haut. N avait-il pas entendu l'admirable prière que l'extatique

l. Note A de la lettre XI de Téd. Gigli.

faisait monter pour lui vers le ciel * ? N'avait-il pas reçu la promesse que, s'il se souvenait d'elle chaque jour au saint sacrifice de la Messe, elle aussi songerait à loi devant Dieu? Jamais la puissance de Catherine ne se manifesta si complètement ! Les cardinaux consternés durent reprendre la mer le 29 octobre et mettre le cap. sur ritalie.

Le départ des Siennois suivit celui du Souverain Pontife d*aussi près que le permit l'état des malades. Tant que la Sainte s'était sentie utile à Gênes rien n'avait pu l'en éloigner ; ni son désir de revoir sa patrie, ni les prières de ses disciples d'outre-monts qui conspiraient avec ses propres vœux. Aux reproches de Lapa qui ne pouvait se résoudre à une telle séparation, elle avait répondu par une lettre touchante dans laquelle elle associait sa mère à ses travaux et aussi à sa future récompense. «Voyez notre douce Mère Marie,» écrivaitelle, «pour l'honneur de Dieu et pour notre salut elle ce nous donna son fils mort sur le bois de la croix... ce Quand le Christ fut monté au ciel Marie resta avec « les disciples ; être ensemble les consolait, se quitter les <c désola, mais pour la gloire et la louange de son fils, ce pour le bien du monde universel elle y consentit et ce voulut qu'ils se séparassent... Vous savez qu'il me ce faut suivre la volonté de Dieu ;... sa volonté fut que ce je partisse ; ce départ n*a été ni sans mystère, ni sans ce fruit très utile. C'est par sa volonté que j'ai agi et ce non par la volonté d'aucun homme. Vous, comme « une bonne et douce mère, vous devez être contente ce et non désolée, et porter toute fatigue pour l'hon-

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