‹ Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 7 sur 116 · Alcuni Miracoli (Voir Bibliogr. i. IV · texte numérisé non relu

Alcuni Miracoli (Voir Bibliogr. i. IV

i prendre sa place. Préparer la nourriture, laver le linge, raccommoder les vêtements, porter au grenier sur ses épaules la charge que les bêtes de somme déposaient à la porte du logis, tels étaient les travaux qui se partageaient sa journée. Mais dans les membres de sa famille elle voyait le Christ, la Mère de Dieu et les apAtres, et elle les servait volontiers ; leurs affronts, les paroles blessantes pour son orgueil qu'ils lui adressaient sans cesse, ne parvenaient pas jusqu'à son cœur; elle s'était fait au plus secret de l'âme un refuge qu'elle nommait sa cellule intérieure où elle vivait seule avec Dieu. Cette retraite en elle-même lui était d autant pins douce qu'elle n'en avait pas d'autre qui fût inviolable. Dans l'espoir de couper court à ses austérités et i ses oraisons, on lui avait ôté sa chambre ; ses frères mariés emportaient toujours avec eux la clef de leurs portes, et l'unique refuge de ses pénitences était le logis d'fftienne où elle pénétrait furtivement tandis que celui-ci travaillait à l'atelier. Elle y était souvent sorprise. Un jour son père la trouva à genoux absorbée dans une fervente prière; sur sa tête était une colombe blanche qui s'envola et disparut, ce Quel est cet «oiseau?» dit-il. Catherine se. releva tout étonnée, elle n'ayait vu aucun oiseau ^

Son père, qui commençait à être vaincu par tant de constance, crut ce symbole de l'Esprit-Saint un avertissement du ciel. Bientôt les fils de Jacques partagèrent ses hésitations et ne mirent plus la même raidear dans leurs rapports avec Catherine ; celle-ci ne

1. Cette anecdote est racontée avec beaucoup de détails nouveaux pirraoteur d*Alcuni Miracolij mais, il est seul à la rapporter a insi^ H DOQs avons préféré la version commune.

comprenait rien à ce qui se passait et .attendait que le divin Maître manifestât sa volonté. Tout son espoir était d'abriter son vœu sous la règle de saint Dominique, en recevant l'habit des Sœurs de la Pénitence, alors fort nombreuses à Sienne. Une vision l'affermit dans ce dessein.

Pendant . son sommeil elle contempla tous les fondateurs d'Ordres et s'entendit engager par eun à entrer dans une religion, afin de mieux servir le Seigneur. Saint Dominique se distinguait par le lis étincelant qui, sans jamais se consumer, brûlait toujours dans sa main ; il s'avança vers Catherine, et, «lui montrant l'habit du Tiers Ordre, il lui promit qu'elle en serait revêtue. La jeune fille s'éveilla l'âme résolue; ayant rassemblé sa famille elle déclara humblement, mais avec une calme conscience de sa liberté, le vœu par lequel dès l'enfance elle s'était donnée à Dieu. Ce vœu, elle le renouvelait maintenant avec le sentiment de la pleine responsabilité de ses actes. Si ses parents voulaient ne plus songer à la marier, elle serait heureuse de rester avec eux et de continuer à les servir, a sinon », ajoutai t*elle, «comme il vaut mieux obéir à <i Dieu qu'aux hommes , je me pourvoirai autrement : a j'ai un époux riche et puissant. Notre Seigneur Jésustt Christ, qui ne me laissera manquer de rien. » L'impression causée par ces paroles fut d'autant plus profonde que la jeune fille était d'ordinaire plus soumise. Les larmes de tous lui répondirent, car chacun se sentait secrètement coupable d'avoir en quelque sorte lutté contre Dieu. Son père lui promit solennellement de ne plus entraver sa liberté et de l'abandonner aux inspirations de r£sprit'Saint ; puis, se tournant vers sa

femme et ses enfants, il leur dit : « Laissez-la servir « son Époux et Timplorer pour nous : devons-nous donc a noas plaindre, si, au lieu de s'allier à un homme, « notre famille s allie à Dieu * ? »

A partir de ce jour, Catherine vit la surveillance cesser ou du moins se ralentir, et, rendue à la solitude de sa ehamhre, elle put célébrer son triomphe par les austères mortifications qui domptent l'orgueil. A l'exemple de saint Dominique elle prenait la discipline trois fois io jour : la première était pour le salut de son âme; la seconde à l'intention des vivants ; la troisième à celle des morts. Ces disciplines duraient environ une heure et demie chacune, et le plus souvent Catherine teignait de son sang la chaîne qui la frappait. Un dur cilice lui enveloppait le corps, mais le soin qu'elle trait de la propreté-extérieure, a image de la pureté in- « térieure, » lui fit changer ce cilice contre une ceinture garnie de pointes acérées. Tous ses vêtements sans exception étaient en laine grossière ; une simple planche formait son lit : elle s'y agenouillait pour prier, s'y asseyait pour méditer, et s'y étendait tout habillée ({oand elle consentait à dormir quelques instants. Un peu d'herbe cuite à l'eau, de vieilles croûtes de pain arrosées des larmes qu'elle versait sans cesse en mangeanty étaient sa seule nourriture, et encore ne prenaitdlo ce maigre repas qu'à de longs intervalles. Lapa se montrait inconsolable d'un tel mode de vivre, car, malgré les désirs si formellement exprimés de son mari, die n'avait pas renoncé à ses projets de mariage.

Catherine s'appliquait pourtant avec un soin jaloux à

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