‹ Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 77 sur 116 · Lettere · texte numérisé non relu

Lettere

2. Aie. dise. Lettere 13, 16, 58, 54, 63, 129. B. Raim. Pars II, cap.xvn, p. 631.

douleurs de tèle qui le réduisaient à rinsLCtion ; voyant que cette croix ne lui serait d'aucun profit, elle le guérit et l'employa à d'utiles travaux. Pierre Yentore an contraire ne voulait que les faveurs spirituelles qui sont comme «les arrhes du Saint-Esprit;» après les lui avoir obtenues, Catherine lui confia des missions délicates et parfois périlleuses. C'est ainsi qu'elle se servait des hommes, donnant toujours à chacun la tâche qui lui convenait le mieux.

Cependant les Seigneurs Réformateurs s'inquiétèrent de la pacification du territoire siennois. Un de leurs moyens de gouvernement consistait à entretenir des rivalités parmi les nobles afin de les empêcher de s'allier contre Ja démocratie. Ils virent donc une menace pour leur pouvoir dans l'union des Salimbeni, et osèrent accuser Catherine et ses disciples, qui presque tous appartenaient aux grands de Sienne, de former une ligue destinée à troubler le pays, i Avertie par ses amis, la Sainte éprouva une vive XxiS' t«80ej Jfe savait-on pas qu'elle n'avait d'autre politique qiurirla) paix, d'autre loi que le pardon des injures, dlsûtfPesieBniemis que ceux de Dieu ? Comment l'accusaiton de préparer la guerre civile ? D'un mot elJe se dis- Qul{nvip0(]i)d9]mav'i^tj4o]»tinua à réconcilier des ennemis ji9rgéi9iiJrvéiM»iiciJliiihrIe4w^9p^^^nt'' alors la gagner par la Euëey >l6i]iLéfortaQalie«r^i]>^i( iQQiroy^rent un de ses discipW,.ThDiïia8 id^ ^Gvkf)llajCoia.p9(u|! U supplier de s'occuj|^r^^ daOT(l4t*viUeiiPÔ»j0,4'rMft;(pwSi^dViPjBLix.La Tertiaire de Fonlebranda n'était point la familière des Siguori

raissaient étrangers aux merveilles Ses arts ctq^j^ 1^ ^^Pi}

entourés, comme aux vieilles gloires et à la foi de la République? Mais il n'était pas nécessaire que la Sainte connût les Réformateurs pour deviner et déjouer leur calcul. S'affligeant du soin que prenaient ses concitoyens (c de parler autant d'elle » Catherine leur répondit que son désir était de se soumettre à leur bon plaisir, que cependant il fallait faire passer la volonté de Dieu avant celle des hommes. D'importantes affaires la retenaient au monastère de Sainte-Agnès qu'elle espérait mettre sous la protection de l'évêque de Florence ; dans les environs elle réconciliait des parents restés en guerre « malgré la médiation de la Seigneurie » remarquait-elle avec une simplicité quelque peu ironique. '

D'ordinaire les Réformateurs se vengeaient de tous les faibles, mais la lettre de Catherine contenait des expressions capables de faire réfléchir ces chrétiens dont la foi dans les peines de l'Enfer survivait à bien des crimes. « Les coups retombent sur ceux qui les « portent, » osait dire cette femme ; ne pourrait-elle pas le prouver par un des miracles que le ciel faisait à sa voix? D'ailleurs s'attaquer à elle c'était, sans parler des puissances célestes, déchaîner contre soi tous les pays, et même Ig. Chrétienté. On laissa donc Catherine achever en paix son séjour à Moatepuiciano ; mais quand on la vit rester plusieurs jours à l'abbaye de Saint-Antime ; quand on apprit que les habitants de la contrée venaient par milliers la vénérer et l'entendre, les Rélormateurs s'émurent et la rappelèrent impérieusement à Sienne. Peu leur importait qu'elle ne s'occupât, comme elle le disait, que de la lutte entre Dieu et le démon ? Puisque le démon était dans les intérêts des Réformateurs, l'action delà Sainte devait cesser. «J'irai,

« je viendrai, selon ce que l'Esprit de Dieu m'inspirera, ^ réplicpia la plébéienne siennoise en inyoquantses droits à la liberté ; puis, dédaignant de s'expliquer davantage, elle jugea ses juges et leur déclara qu'ayant de Youloir conduire autrui, il £dlait s'appliquer à conn^tre la vérité et savoir se gouverner soi-même.

Pierre Yenture porta la lettre de Catherine aux Seigneurs Réformateurs. En la lisant, ils regrettèrent de ne pouvoir abolir les droits de la sainteté comme ils avaient aboli les privilèges de la noblesse *.

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