‹ Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 81 sur 116 · Leilera · texte numérisé non relu

Leilera

Catherine sentit toute le gravité de la situation et la démontra aux Prieurs des Arts. D'une part on avait à subir des Prélats égoïstes, plus soucieux de la satisfaction de leurs passions que de la paix, — de l'autre on voyait des rebelles aux lois divines et humaines décidés à tout sacrifier à leur avidité du pouvoir. Il fallait donc que l'ambassadrice usât de son influence personnelle sur le Pape, et que les guelfes opposassent la force à la violence. Le Souverain Pontife consentit à réunir une assemblée à Sarzana pour négocier la paix ; en même temps, par la résistance que les Prieurs et les Capitaines firent ouvertement aux Huit, ils s'attirèrent nombre d'adhérents. Tous se groupèrent autour de Catherine et reconnurent avec elle que la guerre était à la fois désavantageuse pour la vie présente, et funeste pour la vie future : ils avouèrent que la République contestait à l'Ëglise des droits incontestables, que devant Dieu et devant leur conscience, les Florentins étaient tenus de restituer au Saint Siège des possessions qui étaient siennes; enfin, ils résolurent que malgré les Huit la paix serait signée ^

La seule arme légale qu'eussent les guelfes contre les Huit et la faction gibeline était V admonestation. Par un arrêt on avertissait tel citoyen qu'on le frappait d'incapacité politique. Toutes ses charges lui étaient enlevées et l'État le regardait comme mort. Soderini Pierre Ganigiani, et un autre dévot dé la Sainte, Bindo Altoviti, croyaient qu'en infligeant ce ban à quatre ou cinq personnes, les guelfes pourraient parler en maîtres à Florence et y terminer à leur gré les affaires de laRé*

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