B. Raim. Pars. III. cap. viii^ p. 975^ Lett
300 SAINTE CATHEiOXE DE SDBNNB
publique arec Rome. L'amlnsBadiice dn Pape serangea à leur avis. Elle soUicitait les Gipitames de prendre cette mesure de rigaenr quand la mort imprévue du Souverain Pontife fit naître de nouvelles complications.
En Grégoire, Catherine perdait nn ami éprouvé. Certes il manquait des vertus énergiques qui font les grands pontifes, mais s'il avait failli a c'était par impuissance ou omission, et il apportait au ciel une âme pure des vices dont il n'avait pas su préserver sa cour. Catherine lui recommandant dans sa dernière lettre des ambassadeure siennois, lui disait avec élan : « S'il est a au monde un peuple qu'on puisse gagpier par Famoar « qu'on lui témoigne, c'est le 'mien '; » et gagnée ellemême par Taffection, la soumission, la confiance que Grrégoire XI lui avait témoignées, elle s'affligea de voir ce Pontife rendre ses comptes à Dieu au moment où il méditait un acte de faiblesse qu'elle aurait sans doute empêché, le retour à Avignon Qu'allaient d'ailleurs devenir les négociations de Rome avec Florence, négociations que rassemblée de Sarzana avait presque menées à bonne fin ? L'élection du nouveau Pontife, et son intronisation interrompaient naturellement les pourparlers. Ce délai eut pour l'ambassadrice de fâcheuses conséquences.
Entrés dans la voie des admonestations les guelfes réussirent et s'enivrèrent du succès. Déjà ils avaient frappé un membre du Conseil des Huit et beaucoup d'autres citoyens. Bientôt ils étendirent Tadmonestalion à des hommes que la vengeance privée bien plus que
]. Letlcra 285.
mfmm^m
l'intérêt public désignait à leur rigueur. Ristoro Ganigiani était mêlé à ces violences. Malgré sa résistance aux excès de son parti, Soderini portait vis-à-vis de ses concitoyens le poids de fautes auxquelles il n'avait point participé. Le nom de Catherine jusqu'alors symbole de concorde, devint le bouclier derrière lequel les guelfes s^abritèrent pour admonester jusqu'à quatre-vingt-dix citoyens. L'ambassadrice du Saint-Siège dégagea aussitôtsa responsabilité. Non contente de blâmer hautement les Capitaines du parti, elle appela à Florence Etienne Macconi. Elle le chargea de faire savoir à tous qu'elle désavouait les auteurs des récentes admonestations ^, et d'affirmer qu'ils avaient agi contrairement à ser conseils et à ses desseins. Bientôt, pensait -elle on en viendrait aux mains. Ne pouvant pacifier les partis, elle arrêta du moins les manœuvres de ses disciples, en les empêchant de briguer les suffrages du peuple dans les élections dont l'époque était venue. Plus habile qu'eux elle poursuivit alors les négociations qu'ils avaient ébauchées et obtint que la République envoyât à Rome une ambassade sincèrement disposée à mettre fin aux hostilités.
Soudain Florence se trouva en révolution. Tandis que les guelfes méditaient un coup de force, les gibelins les devancèrent. Grâce à l'habileté de Silvestre de Médicis ils soulevèrent le peuple et s'emparèrent du pouvoir. L'émeute qu'ils fomentaient secrètement, incendia et pilla les palais et les loges des Médicis ; sur la rive gauche de î'Arno, on entoura la maison de Soderini : c'est un fourbe, un hypocrite, un ami de la « Sien-