‹ Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 85 sur 116 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Lnce divina Bovra me 8*appnnta La cni virtù, col mio veder congiunta, Mi leva sovra me tanio ch' io veggio La somma essenzia, dalla quale è munta.

(Dante, Parad. XXL

La sua dottrina è sol di Paradiso Gfae illumina ciascun ch* è ignorante.

(Laude di S. Cat. di Feo Belcari.)

Galherine de Çienne réunit en un livre les enseignements qu'elle

reçoit de Dieu pendant ses extases.

a Que deviendrons-nous quand Dieu aura rappelé à « lui notre mère? » se demandaient souvent les disciples de Catherine. « Qui saura comme elle, nous parler la « langage de la vie étemelle? Qui nous démontrera « coaime elle, la force du commandement, la douceur du « conseil évangélique? » — « Dieu trouvera facilement « une autre femme sans élévation d'esprit et sans en- « tendoment pour en faire son instrument, » s'écriait Catherine quand elle surprenait ses disciples dans de

tels entretiens. Pourtant le Saint-Esprit lui inspira la pensée de réunir en un livre les enseignements qu'elle recevait chaque jour durant ses extases, et à son retour de Florence, elle écrivit ou dicta « la Divine Doctrine » qu'elle tenait de Dieu le Père*.

De même qu'elle avait miraculeusement appris à lire et à écrire, sans étude et sans effort elle devint auteur. Elle n'avait point de plan, et l'on ne voyait- chez elle ni notes, ni documents. Parfois la Sainte écrivait ellemême, mais le plus souvent, privée de l'usage de ses sens, elle dictait à ses secrétaires ce qu elle disait à Dieu, ce qu'elle s'entendait dire par lui. Dans ce dia logue, il n'y avait ni art, ni souci de la forme. Quand Catherine ne désirait plus rien demander à son Maître, quand il cessait de parler, elle s'arrêtait tantôt quelques heures, tantôt quelques jours ; puis, sans croire nécessaire de se faire relire ce qui était écrit, elle continuait son œuvre.

Au début de son livre, Catherine unie à Dieu par l'amour, lui adresse quatre requêtes. L'une concerne son salut, l'autre la réforme de l'Église, la troisième a trait au monde et à la paix de la chrétienté, la quatrième entre dans le détail de ce que la Bienheureuse souhaite obtenir, de ce qu'on la supplie de demander.

1. Dans notre analyse du Dialogue, il n'est tenu aucun compte des divisions indiquées plus tard par les copistes et les éditeurs. Le propre de ce livre est de n'avoir pas de plan; nous admettons donc facilement avec M. Hase (Gatharina von Siena. Leip. 1864, p. 211) qne les réponses du Tout-Puissant ne correspondent pas régulièrement aux demandes de la Bienheureuse. Il est superflu d'ajouter que nous ne tirons pas de ce fait les mômes conclusions que le professeur de l'Université d'Iéna,

Les maux et les pèrsécatlons de l'Église, écrit ensuite la Sainte, lui causent une telle douleur, qu'elle Teut souffrir, non seulement pour ses péchés mais pour ceux du monde entier. Le Seigneur accepte son sacrifice de désirs, puis il l'instruit lui-même des secrets de la sci<^nce divine.

Uni aux peines finies et temporelles, dît-il, le désir infini efface les péchés des hommes contre Dieu, car les mérites que les hommes acquièrent sont infinis, s'ils se perdent en ceux de Jésus-Christ. La prière est toutepuissante, puisque Dieu se laisse « contraindre » par l'oraison de ses serviteurs. S'ils ne font pas du prochain un instrument de péché, le prochun leur est une source intarissable de grâces. C'est pourquoi Dieu a voulu que les créatures eussent soin les unes des autres, et qu'elles s'éprouvassent mutuellement par la contradiction. L'amour, le sacrifice réitéré de la volonté, l'humilité dont se nourrissent les Saints, voilà la a discrétion » nécessaire à l'âme : la pénitence corporelle n'est qu'un moyen, une chose finie, incapable de conduire à la vie étemelle. Â la vue des souffrances de l'homme qui, créé à l'image de la Trinité, doué de mémoire, d'intelligence et de volonté, perd sa dignité, Catherine implorait Dieu en faveur de l'Eglise et 4^ peuple chrétien. Le Tout-Puissant, épris d'amour pour la créature , môme après la révolte du péché, voulait la paix dont le Verbe est le médiateur. Mais beaucoup de membres de TÊglise sont rebelles; an lieu de se répandre en larmes et en prières ils croient à la puissance du glaive. Les chrétiens se détournent de Dieu; et cependant, comme ils restent entre ses mains, il leur vaudrait mieux appartenir à !m miséricorde qu'à sa justice. Au-dessus de l'abîme

creusé par Adam entre le ciel et la lerre, Jésus-Christ s'est élevé comme un pont au jour béni de son Ascension; et c'est de ce pont qu'il a été dit : « Ego si « exaltattis fuero a terra^ omnia traha/m ad meipce swm. » On y monte par trois degrés ; au premier degré sont les mercenaires qui servent Dieu par crainte des châtiments ou par l'espérance des récompenses éternelles, quoique avec un commencement d'amour. Leur amour devenu peu à peu généreux et désintéressé, leur fait franchir le second degré, celui des serviteurs fidèles auxquels Dieu révèle les secrets de son cœur. Au troisième degré les enfants de Dieu, tout entiers à Lui, détachés d'eux-mêmes par la conscience de leur néant, sont, sans retour, unis à l'Infini. Dieu se manifeste à eux : parfois U leur révèle l'avenir. C'est ainsi que des pieds de Jésus, on monte à la plaie de son côté, et de là aux lèvres qui donnent le baiser de paix, état parfait que chacun peut atteindre, pourvu qu'il se renonce luimême et qu'il abandonne à Dieu la direction des trois puissances de son âme. — Sous le pont se précipite comme un torrent le fleuve des passions humaines.

L^homme, fait d'amour, créé par amour ne peut vivre sans amour. Dès que l'intelligence sent le cœur s'éveiller, elle lui montre l'objet de cet amour. Alors, la dignité que l'homme tient de Dieu et le péché auquel Adam l'a livré se disputent sa possession. — Le devoir de la créature est de monter les échelons qui conduisent à l'infini; d'aimer pour Dieu et en Dieu le prochain ; veutelle une image de cet amour? qu'elle plonge un vase dans une source d'eau vive et qu'elle s'abreuve à ce vase sans le sortir de l'eau. Pourra-t-elle le tarir? — Quand au contraire l'homme se laisse emporter par les

flots da monde, l'usage pervers qu'il fait de sa volonté lui aliène son intelligence et sa mémoire; il se cherche dans l'amour-propre et ne trouve pas le vrai bouheur. II perd en même temps sa dignité : lui qui voudrait goavemer le monde, il est dominé par le néant : son corps souillé d[impuretés dont la raison éloignait les philosophes païens, fait horreur aux démons eux-mêmes. — U est puni dans ses différents vices par cela même qu'il leur est abandonné sans réserves. Son jugement faussé ne sent pas la miséricorde divine. Les Apôtres le reprennent; il les méprise. La mort le reprend, et à cette heure suprême, il imite Judas, ajoutant à la trahison que Dieu pardonne, le désespoir que rien ne peut effacer. Alors il est privé de la vue de Dieu et condamné à la vue du démon, vue plus terrible que tout autre diâtiment. Catherine le sait, car Dieu lui a montré Satan.

Au jour du jugement, le Tout-Puissant reprend le pécheur pour la dernière fois : l'union de son âme à son corps augmente ses souffrances. A mesure que le nombre des damnés s'accroît, il participe au tourment de chacun d'eux : le mauvais riche faisait prévenir ses frères, pour ne point augmenter son propre châtiment.

La perfection n'est autre chose que l'union à la volonté de Dieu. C'est par la volonté que l'homme est souverain ; nul ne peut fléchir sa volonté ; rien ne prévaut contre elle; on n'est vaincu, dans la tentation, que si on rend les armes à l'ennemi. C'est aussi par la volonté que l'homme s'affranchit d'une partie des misères communes à l'humanité; tandis que son corps souffre, son esprit uni à Dieu, est en paix ; d'autres luttent et reçoivent pendant cette vie les arrhes de l'enfer : lui, dès

avant la mort, possède les arrhes du paradis, car la plus grande joie du paradis, c'est la volonté satisfaite par Tunion avec Dieu.

Pourvu que la sensualité soit éteinte, on peut se sauver dans tous les états ; l'important c'est d'observer le précepte et de se conformer au conseil soit actuellement si on y est appelé, soit mentalement, en en reconnaissant l'excellence. — Lacroix du démon est plus lourde à porter que celle du Christ; possédât-on le monde entier, on ne serait pas rassasié. Dès cette vie même, les pécheurs se faisant contre Dieu une arme de sa miséricorde, espèrent une bonne mort après leur vie coupable, et souffrent plus, en s'abandonnant à des passions toujours excitées et jamais satisfaites, que ne souffrent les justes, dans leurs combats contre ces passions.

Attristée de voir tant d'âmes se jeter dans le fleuve de la vie, Catherine demande encore au Seigneur quelques éclaircissements sur les trois degrés du pont. Il lui est répondu que le libre arbitre, séparé de la sensualité, uni à la raison, guidé par l'amour, les fait gravir. Alors, la mémoire, pleine de Dieu, ne résonne plus aux bruits du monde, comme un vase vide; le cœur dont toute affection mondaine a disparu, s'emplit d'amour divin ; car le vide est contre nature ; l'âme a soif de l'honneur de Dieu, du salut du prochain et elle boit les ondes de la mer Pacifique qui est la doctrine du Christ. Les puissances de l'âme, jointes aux deux principaux commandements de la loi, sont les deux ou trois personnes réunies en son nom, dont parle Jésus-Christ dans l'Écriture, et avec qui il a promis d'être. L'âme les possède dans sa cellule intérieure, et elle y reçoit le Saint-Esprit, comme les Apôtres au jour de la Pentecôte.

LE LIVRE I» LA HVDŒ BOCTRIXE 315

L'oratson est une anne zxec l&qiseile Tkme se défead contre tous ses adversures ; mais il ne soiBt pas de réciter des formales; car la piière Tocale n'est qn^nn moyen d'aniTer à la piière mentale où Tâme, pleine da sentiment de ses péchés, se noie dans le sanf^ dn Qirist.

— De même qne l'épreave ne doit pas détourner du chemin du ciel, l'aiidité ne doit pas dËtoumer de Toraison ; les fins de l'onûson ne sont pas les CMisolations et les visions, mais Dieu, la Tortu, le prochain, pour lequel on doit être prêt à abandonner Toraison elle-même. Les imparfaits voudraient s'attacher au Père qui ne souffre pas ; les parfaits suivent le Christ. Lorsqu'ils ont gravi le troisième échelon, leur volonté est consumée par l'amour; patients, forts, persévérants, éclairés des lumières de la Foi, ils courent dans la voie de la Vérité. Le monde qu'ils ont méprisé, ni les démons ne peuvent rien contre eux; l'oraison les lie à Dieu : leur conversation n'est plus sur la terre, mais au del. Ils portent dans leur corps et dans leur esprit les stigmates de Jésus-Christ. Ils marchent à sa suite, éprouvant les sentiments mêlés de bonheur et de souffrance qu'il avait sur la croix. Les puissances de leur âme se séparant du corps, s'unissent à Dieu par l'extase. Ces puissances aspirent à quitter le corps afin de contempler Dieu face à face dans la vision béatifique.

Les mondains, instruments de Dieu, et les démons ses justiciers, contribuent involontairement à sa gloire.

— Le Seigneur se cache aux yeux des savants de ce monde. L'oraison, bien plus que la science humaine, forma saint Thomas d'Âquin; saint Jean reçut les lumières divines en reposant sur le cœur de son Maître. Si Dieu se révèle à Catherine, c'est pour accroître

en elle l'amour des âmes, le désir de leur salut, — désir qui continuera durant rétemité.

Catherine souhaita ensuite de connaître le fruit des larmes : elle vit la yanité des larmes que le regret des biens perdus et TaYidité des biens souhaités fait répandre aux mondains. Les larmes de crainte, de repentir, d'amour du prochain, de dévotion, sauvent au contraire les fidèles qui sont intimement -unis au Saint-Esprit et auxquels l'amour fait répandre jusqu'à « des larmes de feu. »

A moins d'une révélation spéciale du Seigneur, on doit se contenter d'attaquer le péché, sans reprocher au prochain les fautes qu'on lui voit commettre. On manque de lumière pour juger autrui et tous les serviteurs de Dieu ne marchent pas dans les mêmes voies.

Pressée par la grâce, Catherine prie pour ses confesseurs et pour tous les prêtres. Les prêtres, gardiens du sang de Jésus-Christ, qu'ils répandent sur les fidèles, par les sacrements, sont tenus à une grande pureté de vie ; ils ont droit à des égards particuliers, non à cause d'eux-mêmes, mais à cause de l'autorité dont ils sont les dépositaires. Ceux qu'ils font- vivre de la vie spirituelle leur doivent en échange les aliments de la vie matérielle. Les prêtres ne sont pas passibles de la loi civile, mais de la loi divine et de la juridiction ecclésiastique. Ceux qui les persécutenteommettent la plus grande des fautes, car ils attaquent Dieu lui-même. L'Eglise est. divisée, parce que ses ministres ne se conduisent plus selon les lumières deJa justice. Ils sont gouvernés par l'avarice, par l'orgueil le plus grand des vices. Les trois puissances de leur âme sont réunies au nom du démon ; leur corps, ce corps humain qui, uni en Jésus-

Christ à la nature divine, domine dans le ciel les chœurs des anges, est l'instranient de tons les péchés que les hommes peuvent commettre. Ils boivent, ils blasphèment, ils jouent jusqu'à leur âme ; ils évoquent les diables et se les associent; leur avarice ne connaît point de bornes ; ils vendent les prélatures, les grâces du Saint-Esprit, et laissent de riches héritages, au lieu de mourir insolvables pour l'amour des pauvres. Ils osent tout, même tromper le peuple, par des consécrations feintes. Dieu les punira donc plus sévèrement que les autres pécheurs, la mort rendra à chacun ce qui lui est dû ; mais, sur la terre, nul ne doit les juger ; tout coupables qu'ils sont, ils restent les instruments des grâces divines, et si Dieu a révélé leurs crimes à Catherine, c'est afin qu'elle priât pour l'Église. La Sainte le fait aussitôt avec une ardente charité et le Seigneur continue à l'instruire.

L'homme, créé par la Providence, lui devait tout. Quand Adam- eut péché par désobéissance, impureté, orgueil et faiblesse, le Créateur pourvut à son salut par rincamation, et à sa vie par l'Eucharistie. L'espérance le soutint ; la loi le dirigea. L'homme fut infidèle à Dieu : Dieu resta fidèle à l'homme. Il veille sur toutes les créatures, même sur celles qui sont en état dépêché mortel et les attire à Lui, au moment où lassées d'aimer le néant a la fiitigue de la peine du cœur les op- « presse. » U les guide dans les divers états de l'âme ; alors l'amour s'accroît, et aussi la souffrance qui augmente en proportion de l'amour. Mais cette souffrance participe à celles du Christ, et attire les grâces de la Providence. Entre toutes les créatures, celles qu'on peut appeler les fiivorites de la Providence, ce sont les pau-

vres, non les pauvres des biens de la terre, car il en est qui, par leur amour désordonné des richesses, possèdent le monde en volonté, mais les pauvres selon Tesprit. Pour eux, il n'est rien que Dieu ne fasse. Il va jusqu'à changer les lois de la nature, afin de subvenir à leurs besoins.

Ravie de joie, Catherine adore la Providence dont ellemême a tant reçu, et prie son maître de vouloir bien l'éclairer sur l'obéissance que les créatures doivent au Créateur.

Le Christ a donné l'exemple de l'obéissance ; il faut porter son joug, non par complaisance envers soi même, mais pour l'amour de Dieu. L'esprit d'obéissance est la force des ordres religieux ; qu'on appartienne à la famille dominicaine célèbre par la science de son fondateur, à la famille franciscaine dont la pauvreté fait la gloire, ou à toute autre famille de TÊglise, on ne vit heureux que dans l'obéissance. Dieu récompense cette vertu au centuple. Il soumet la création animée et inanimée à l'homme qui lui obéit ; tous les miracles s'accomplissent à la voix de cet homme et son obéissance lui ouvre le] ciel rendu au genre humain par l'obéissance du Fils de Dieu.

Catherine résume son livre tout entier sans le relire ; puis, elle le termine par des transports de reconnaissance ; a Grâces , grâces te soient rendues , ô Père « Eternel : » s'écrie-t-elle, « de ce que tu n'as pas mé* « prisé ta créature, ni détourné de moi ta face, ni mé- « prisé mes désirs... qui t'y a contraint? Ce ne sont pas « mes vertus, mais ta seule charité ; ce même amour « te contraint à illuminer l'œil de mon intelligence, tt afin que je voie 1 a vérité que tu m'as manifestée.

LE UVRE I>E LA KTTDŒ DXJTaiXE 315

ff Fais que ma meaKÛre srât apail^ à« rdenir t«s « bienfaits, que ma Tolonié LrtLe oû ic-L i« ta ri*an:é^ a et que ce feu fasse germer icon s&n^ H zce pousse à a le répandre, afin qa'arec ce far.g sacr^^ par amour a du sang, et aTcc la clef de Y oiftîsstsit^ j'ouTre la « porte du ciel. Ge que je te demanJe jfour moi^ je a te le demande pour t'ente créatoie nis€»naalile, et « pour le corps mystique de la Sainte Eglise. Je-oon- « fesse que tu m'as aimée aiant que je ne iusse, et que « tu m'aimes ineSaLIement.

« Trinité étemelle ! tu es une mer profonde ; tu « abreuves l'âme dans ton abîme ; tu ne la désaltères «jamais, car elle a toujours soif de toi. Trinité éter- « nelle, dissous l'image de mon corps ! La connais- « sance que tu m'as donnée de toi, de ta Tenté, me « fait souhaiter de quitter ce poids de mon corps, de « sacrifier ma Tie pour la gloire et la louange de ton « nom. En me voyant en toi, j'ai tu que j'étais ton « image.

« Trinité étemelle, tu es le Créateur ; moi, je suis « ta créature, et quand, par le sang de ton Fils, tu « m'as créée de nouveau, j'ai compris que tu t'éprenais « d'amour pour ta créature.

« abtme, pouvais-tu me donner davantage que de « te donner toi-même à moi ? Tu es le feu qui consume, « lamour que l'on a pour soi, le vêlement qui recouvre « toute nudité; grâce à mes défauts, je t'ai toujours servi « dans les ténèbres, et n'ayant pas connu la vérité, je « ne l'ai pas aimée. Pourquoi ne t'ai-je pas connu ? « parce que je ne t'avais pas vu à la lumière de la très « sainte foi, parce que le nuage de l'amour-propre obs- ■ carcissait l'œil de mon intelligence. Toi, Trinité éler*

« nelle, avec ta lumière tu as dissipé les ténèbres. Ta « m'as octroyé une grâce particulière en outre des « grâces générales que tu accordes à toutes tes créa- « tures. Tu as voulu condescendre à la nécessité que j'en ce éprouYais, à la nécessité des autres créatures, qui « (lisant ces pages), se contempleront en toi, comme ce dans un miroir... Seigneur, tu as donné, remerciecc toi, toi-même ! Vérité étemelle, revôts-moi de toi afin ce que je parcoure cette vie mortelle avec une véritable <c obéissance aux lumières de la très sainte Foi, lucc mières par lesquelles tu enivres de nouveau mon «c âme ! »

Catherine dicta ces dernières pages dans la cellule de Frère Saint qu'éclairait le [doux soleil d'octobre- Diea l'avait inspirée ; elle avait écrit et toute sa science théologique n'était qu'un écho de la voix de son Bien- Aimé.

CHAPITRB XX

Pesa il gnwtWÊaata a dû dal fugo il giisrda.

0>ute, Parg. XIX.)

n d<M di piDiena Da Dio le la aooordato.

(P. PiMâû, Ode ia OA. di S. Cateriaa.

CaUierine est appelée à Rome par Urbain VI. — Son inflaence snr les allairea de l'Eglise. — Sa correspondanee. — Ses rapports aTec Catherine de Saède. — Départ dn P. Raymond. — Victoire de Marine.

Plusieurs fois Catherine s'était déclarée prête à obéir au Pape, « jusqu'à la mort ; » il lui fut donc impossible de résister à Urbain YI, quand dans le courant de l'automne il la manda à Rome, lui adressant un ordre écrit où il répondait aux critiques de ceux qui trouvaient un sujet de scandale dans les fréquents voyages de la Sainte ' .

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