‹ Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 92 sur 116 · Processus; attest. P. Gaffarini.D. Mart. T. YI, p · texte numérisé non relu

Processus; attest. P. Gaffarini.D. Mart. T. YI, p

mond; mais elle préfère qu'il soit en pays étranger, servant l'Eglise, qu'inutile à son chevet. Elle lui demande sa bénédiction, son pardon des chagrins qu'elle lui a causés, du peu de soin qu'elle a pris de leur salut à tous deux. Qu'il fasse prier pour elle, qu'il se console : morte, elle lui sera plus utile que vivante \

Cette lettre était datée du 15 février. A partir de ce jour, Catherine n'écrivit, ne dicta rien. Une semaine encore, elle continua à marcher, ainsi qu'elle le disait, « dans la voie arrosée du sang des martyrs, » celle qui conduit de la Minerve à Saint-Pierre; puis le troisième dimanche de carême, elle tomba pour ne plus se relever. Une longue et mystérieuse agonie commençait. Raidie par la souffrance, au point de ne plus pouvoir se retourner ou soulever sa tête, elle percevait miraculeusement les dangers qui menaçaient l'Eglise, les offenses qui, dans l'univers, se commettaient contre Dieu. A ses disciples qui l'interrogeaient avec inquiétude, elle avouait que sa ipaladief n'était pas naturelle: Dieu avait permis aux démons de la frapper, et jamais ils ne s'étaient déchaînés avec pareille violence sur une créature humaine. Catherine n^avait contre eux d'autres armes que la prière, l'union avec la volonté divine. Elle remerciait Jésus-Christ de ces peines plus que d'aucune joie. Quelques instants de calme survinrent ; alors, Thomas Petra se hâta de rappeler à la Sainte les promesses qu'elle lui avait faites : « il fallait qu'elle parlât une « dernière fois à sa famille spirituelle. »

Jamais la Sainte ne fut plus éloquente. Qui, mieux qu'elle d'ailleurs, eût célébré l'amour jaloux de Dieu,

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