‹ Sainte Catherine de Sienne (volume 2)Chapitre 97 sur 116 · Lanzi. St. Pitt. vol. I, p · texte numérisé non relu

Lanzi. St. Pitt. vol. I, p

tophe de Gano, elle était représentée au-dessus de la portequi mène à Rome, et à l'intérieur du Palazzo Pubblico. Au reste si à l'Institut des Beaux-Arts vous regardez les peintures qui représentent Catherine, vous y trouvez en quelque sorte résumée l'histoire de l'Ecole siennoise dont la manière délicate dégénéra sous l'influence des passions démocratiques, en vulgarité. D'abord le type de la Sainte est naïf, pur, idéal, bientôt il devient commun et enfin grossier ^

Les peintres dominicains surent mieux conserver le souvenir poétique et doux de leur Tertiaire. Qu'étaient les tableaux commandés par le P. Raymond pour différentes églises de l'Ordre ? Que furent les cartes peintes distribues par le P. délia Fonte? nous ne saurions le dire. Les fidèles trouvaient les médailles d'insuffisants portraits de leur Sainte bien-aimée et réclamaient, chose jusqu'alors inconnue, son image; cet essai fut sans doute fort imparfait. Mais Fra Angelico vit Catherine, quand ravi en extase il maniait le pinceau, et dans ses tableaux il la joignit aux vierges qui accompagnent la Mère de Dieii. Fra Bartolomeo et son école vinrent ensuite fixer à jamais sur la toile les traits de leur illustre sœur; enfin un contemporain, le P. Besson, peignit à son tour Catherine, et on sentit en lui un disciple de ces maîtres'.

1. Voir à rinst. des Beaux-Arts les n'-'GS, 64, 65, 66, 71, 152, 239, 241, 348, 963, 271, 369^ 380, 388, 397, pour nous le d* 239 est le véritable type de la Sainte.

1. Les cartes peintes qu'on distribua au xit* siècle, lors des fêles données à Venise en l'honneur de Catherine, sont les premiers essais d'images de dévotion (Processus AUest. Fr. Thom. D« Mar. T. VI, p. 1254). Fra Angelico peignit dans nombre de ses tableaux la

L'art siennois avide de faire connaître « l'illustre concitoyenne, » l'art dominicain dévoué à la « chère Sainte, » ne furent pas les seuls que Catherine inspira. En tous pays, peintres, sculpteurs, miniaturistes, verriers, orfèvres, lui consacrèrent leurs chefs-d'œuvre et quand une nouvelle invention, la gravure sur bois, chercha des sujets pour son burin, l'un des premiers^ qu'elle choisit fut la Sainte de Sienne.*

En même temps, grâpe aux copies de ses disciples,

Sainte de Sienne. Le cadre d'un des reliquaires de Sainte-Marie-Nonvelle (Voir Musée Saint-Marc à Florence) porte au-dessous du proCl de la Sainte ces mots : B. Gaterina de Sels. Chacun connaît le Mariage de Sainte Catherine de Fra Barlolomeo qui est au Louvre. Le musée de LucqueS; enrichi des dépouilles de S. Romano. possède une non moins belle toile ou Sainte Catherine et Sainte Madeleine sont en prières devant Dieu. Au réfectoire du couvent de Saint-Marc de Florence, sur les murs des cloîtres de S. Spirito de Sienne, ce maître et son école ont fait figurer la Tertiaire dans leurs œuvres. 1. Le catalogue de ces œuvres d'art remplirait des volumes, pour ce qui concerne les peintres, miniaturistes, sculpteurs, verriers, de l'ordre de Saint-Dominique, voir l'ouvrage du P. Marchese : Memorie ect. déjà cité. Nous indiquons seulement un petit nombre des œuvres que nous avons vues : d'abord à l'Archivio di Stato de Sienne, sur la couverture en bois des livres de Bicchema de 1499, 1527, 1538, 1548, 1604, les peintures consacrées à Catherine, puis le Baccafumi du Musée, le Pinturiccio du Dôme, le Sasso Ferrato de Sainte- Sabine à Rome, le Brizzi de Saint-Dominique à Bologne, le Tiepolo des Jesuates à Venise, etc., etc. Les statues sont nombreuses ; la famille Palmieri de Sienne, l'église de la Minerve à Rome, etc., en possèdent d'intéressantes; il y en aune fort curieuse du XV" siècle en France, celle des Dominicaines du couvent de Poissy qui appartient maintenant aux Frères Prêcheurs de Ch&lais. Pour la gravure, voir au Cabinet des Estampes de la Bibl. nat. de Paris, le bois du xv siècle^ qui représente Sainte Catherine, et Idi gravures de Qalli (Bibliogr. i, IX).

copies c[ue ses admirateurs multipliaient à leurs frais, les œuvres de Catherine n'étaient pas moins célèbres que ses- portraits. On prétendit les réunir toutes, mais déjà on avait des pertes à déplorer. Un Traité sur TÉ- Tangile avait disparu et ceux qui lisaient dans les lettres et dans le Dialogue^ les commentaires de Catherine sur TÊcriture Sainte, sentirent la perte qu'ils avaient faite. Le Dialogue lui-même n'était point complet ; un assez long fragment ne se retrouvait que dans ujxe traduction latine '; enfin par la négligence du pape Alexandre YII à qui elles furent prêtées, environ 15 lettres s'égarèrent. Envoyées dans tous les pays où les partisans des antipapes ne les arrêtaient pa? au passage, et jusqu'à Constantinople, imprimées dès le xiv siècle, les lettres de Catherine furent successivement traduites dans toutes les langues littéraires. D'abord ce fut avec de grossières erreurs qui excusent une partie des injustes accusations des gallicans contre la Sainte*, puis avec une exactitude qui n'en saurait rendre le cl^arme. L'original est comme la fleur vivante et parfumée des campagnes toscanes, la traduction comme la plante morte entre les feuillets d'un herbier. Le livre de Catherine, La Dixnne DoctrinCy qu'on nommait d'ordinaire « Le Dialogue » parce que la Sainte y conversait avec Dieu, eut un sort plus brillant encore que les lettres. Connu dès 1378, prêté

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