Dial. cxL, cxLVi. Lettera
2. Gigli fit ane tradiiction italienne de ce fragment qu'il retrouva à la Bibliothèque du Vatican, et la joignit à son édition des œuvres de la Sainte.
3. Nous n'engageons pas une lutte, dans laquelle les partisans de la Sainte ont cent fois remporté des victoires confirmées par lÉgliie.
aux fidèles de Catherine qui se le disputaient, copié, enchaîné selon l'usage du temps dans les bibliothèques, traduit en latin pour l'instruction des érudits du 'monde entier, il fut publié en langue vulgaire et en langue savante, parmi les premiers livres connus.
Tous les succès qu'une âme avide de triomphes aurait pu rêver pour ses écrits, Catherine les obtint. lis virent le jour enrichis des plus belles miniatures où dans les éditions les plus soignées. Les États se les envoyèrent comme un don précieux. La théologie, l'histoire, la littérature en invoquaient sans cesse le témoignage. Italiens et étrangers, orthodoxes et hérétiques vantaient la doctrine de la Sainte. Son style était l'honneur de Sienne et on publia un vocabulaire consacré aux expressions dont elle avait enrichi la langue. Boccace lui-même, Boccace de qui la forme avait fait excuser tant de choses, n'écrivait pas mieux, disent les critiques italiens, et c'est à peine si le goût sévère des hommes du Nord ose reprocher à la Sainte de voiler parfois sous des images trop cherchées la grandeur de ses pensées et l'élévation de ses sentiments.
A la prière des disciples de Catherine, le P. Raymond écrivit sa Vie. On n'attendait pas seulement de lui un de ces récits naïfs et touchants qui charmaient le moyen âge ; on lui demandait une œuvre critique inattaquable. Le schisme faisait à Catherine une situation particulière ; si elle avait ses dévots, elle avait aussi ses détracteurs et son historien devait être en même temps son apologiste. Pendant de longues années le P. Raymond travailla; il s'aida des cahiers que Thomas délia Fonte