‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 108 sur 282 · Leture · texte numérisé non relu

Leture

de religieuses qui soignaient les malades dans une maison voisine du couvent des Prêcheurs *, et dès son arrivée la Sainte alla au palais Gambacorti s'entretenir avec le maître de Pise. Aurait-elle encore sur lui quelque influence ? La politique des accommodements n'avait-elle pas faussé le jugement de l'homme d'Etat? L'heure était solennelle, et bien que Catherine laissât le résultat de ses travaux aux mains de Dieu, elle ne pouvait se défendre d'une vive anxiété. Longtemps elle exhorta Gambacorti, souvent' elle le revit ; enfin elle gagna sa cause, car le 5 décembre 1375 les Pisans refusèrent d'entrer dans la Ligue des Villes *. .

Au cours de ces négociations, le P. Raymond et un autre Dominicain, Pierre de Velletri, parurent tout enlarmes devant la Sainte. Pérouse, ville pontificale, venait de passer à l'ennemi et, pour comble de malheur, la mauvaise administration du mandataire de Grégoire XI était la cause de cette défection ! Catherine secoua tristement la tête. Elle avait prévu le désastre et cherché à Tempêcher par une lettre éloquente au gouverneur de la vieille cité, Gérard du Puy. Ce nonce n'avait point oublié ses entretiens de 1370 et de 1373 avec Brigitte de Suède, ni les menaces qu'elle faisait à Grégoire XI pour l'appeler au tombeau des Apôtres et l'exciter à réformer le clergé '. Les prédictions de la prophétesse se

1. Peut-être les Sœars de Sainte-Marthe groupées par le P. Caralca. Cf. ch. x, p. 223,

2. RoBCioni storie Piaane. Arch. storico ital., VI, XXI, 921, 922.

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