Sainte Brigitte de Suède
réalisaient et le légat, se tournant d'instinct, vers l'autre Sainte que la Providence venait de lui faire rencontrer à Pise, avait envoyé demander à Catherine non seulement des avis pour lui, mais à ce qu*il semble *, pour le Souverain Pontife. Si les paroles de l'apôtre dominicaine avaient pu agir sur le légat sans sa participation, elles l'auraient rendu parfait. A ce parent privilégié du pape, investi d'une autorité qu'il se montrait incapable d'exercer, elle prouvait, et lui faisait dire à Grégoire XI, que le népotisme est une des plaies de l'Eglise. Au moine bénédictin, abbé et prélat entraîné parles trois concupiscences auxquelles le premier homme succomba, elle enjoignait d'avertir le Souverain Pontife chargé de réformer l'Eglise : « que la douceur entée sur une trop grande miséricorde encourage le mal. » Devant le nonce elle avait ouvert la voie du divin Crucifié qui seule mène à Dieu . Sentant la faiblesse du légat, n'oubliant point que c'était en châtiment des intrigues de Gérard qu'avait coulé le sang du Pérugin Toldo, Catherine s'était offerte comme victime expiatoire pour les péchés de ce nonce et elle le lui avait écrit *. Mais loin de suivre la politique de la charité, il se comportait avec si peu de justice que la conduite des Pérugins eût été excusable, si la
1 . Nous ne saurions traduire : rùpondendovi alla prima délie tre eoêê ehe mi dimandaU diro che il dolce nostro Cristo in terra — « in reply to the three questions you ask me on the part of our Bveet Christ ou earth. » La traduction de Téminent historien de la Sainte [Biblioqraphib, D. XV] difEère du document, et' affirme oe qui est une simple présomption,