‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 110 sur 282 · Luttera · texte numérisé non relu

Luttera

tyrannie excusait la révolte à main armée. En regard du trouble que ces événements portaient dans les consciences, Catherine trouvait les pertes temporelles peu dignes de regrets. « Séchez vos pleurs, dit-elle aux Dominicains, de plus grandes douleurs les feront bientôt couler. » Le P. Raymond n'admettait pas qu'il y eût des douleurs supérieures à celles de Theure présente. Alors elle ajouta : € Le clergé sera plus coupable que les laïques ; quand le Saint-Père voudra le réformer, il scandalisera rÉglise entière, il la ravagera, il la partagera comme s'ilétait hérétique. — Mamère, est-ce qu'une nouvelle hérésie nous menace ? s'écrièrent les religieux. — Ce n'estpoint, à vrai dire, une hérésie; pourtant TÉglise et la chrétienté seront divisées ; préparez-vous à la patience, car il vous faudra assister à ces malheurs * . »

Les Siennois voulurent dès lors retourner dans leur patrie. Une cruelle épreuve les y attendait ; la République entrait dans la Ligue des Villes ! Ce que la Sainte avait obtenu des Seigneuries étrangères, elle ne s'était même pas crue autorisée à en parler dans sa correspondance avec le sénateur Pierre del Monte ni même à le demander aux Réformateurs ! Grâce à elle, Lucques et Pise restèrent neutres tandis que Sienne s'alliait à Florence '.

Catherine comprit que la réponse de Grégoire a la révolte des Italiens serait l'excommunication et rinterdit, aussi prépara-t-elle ceux de ses conci-

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