‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 114 sur 282 · Lett · texte numérisé non relu

Lett

vers la terre, c'était encore le ciel qu'il voyait reflété dans les eaux dormantes du lac. Sous d'épais chênes verts, au milieu des rochers dont les grottes offraient un asile aux ermites désireux de cacher leurs austérités, on montait au couvent de Lecceto, d où le prieur semblait dominer sa famille spirituelle, répandue à Saint-Léonard et dans les bois *. Ce prieur était un converti de Catherine, le compagnon de ses récents voyages, Jean Tantucci, qui se disait incapable de vivre sans les enseignements de sa mère selon la grâce ; la Dominicaine avait soumis la volonté de TAugustin à la volonté divine en éclairant son intelligence des lumières qui orientent le cœur à l'amour , et il entendait qu'elle dirigeât ses religieux. Déjà elle comptait des disciples à Lecceto : elle y envoyait ceux qu'elle jugeait plus aptes à la vie solitaire qu'à l'apostolat *et elle initiait ces contemplatifs à Tobj et le plus élevé de toute contemplation : la très sainte Trinité ; elle leur redisait ses visions, les enseignements qu'elle recevait durant l'extase ; elle les faisait participer à la lumière divine réservée aux humbles et aux obéissants; elle les associait à son expérience du divin amour. A ces hommes qui vivaient seuls en présence de Dieu elle rappelait le prochain. < La condition de l'amour, disait-elle, est d'aimer tout ce qu'aime la personne aimée : :p ils doivent donc prier et souffrir

1. Oq a desséché le lac, et tout ce beau pays eât maintenant cultivé.

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