‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 122 sur 282 · Il passa an parti de Tanti-pape Clément VII · texte numérisé non relu

Il passa an parti de Tanti-pape Clément VII

3. Avec les prélats la Sainte entre dans le détail ; écrivant à Nicolas d^Osimo, elle a une parole de blâme discret pour le P. Blie, et tant au secrétaire du Pape qu'à l'Arcbevêque d*0-

Pour finir, la Sainte s'inclinait devant le pontife : « Je vous demande humblement votre bénédiction. Pardonnez à ma présomption d'avoir osé vous écrire. »

Dans cette lettre Grégoire trouva des règles pour toute sa conduite. Sut-il pleinement en profiter? Résolut-il sur Theure de tenter avec énergie tout ce qu'il avait jusqu'alors tenté avec plus de bonne volonté que de persévérance : la croisade, la paix, le retour du Saint-Siège à Rome, la réforme du clergé? S'accusa-t-il d'avoir choisi des cardinaux indignes parmi lesquels Tâme prophétique de Catherine discernait les instruments du schisme et même un futur antipape? Lui seul aurait pu le dire, et sa réponse à la Sainte est restée un secret; mais des messages de la cour d'Avignon à Lucques et à Pise firent espérer que les avis de Thumble Siennoise n'avaient point été inutiles. Grégoire continua avec elle les rapports craintifs et mystérieux qu'il entretenait, peu d'années auparavant, avec Brigitte de Suède, et cela par le même intermédiaire, Alphonse de Vadaterra. Au reçu de la lettre de Catherine, il envoya Tancien évêque, devenu moine, lui apporter des faveurs spirituelles sous forme d'indulgences*, et mieux encore, des promesses pour ce

trante, elle îodîqae comme apte à devenir un bon Maître général le Procnrear de la Province de Toulouse, Etienne délia Cumba. Elle offrait même de renvoyer le F: Raymond porter des renseignements à la conr d'Avignon d'où il arrivait. Sa grande pénétration prouvait aux princes de TEglise et aux Frères Prêcheurs l'action en elle du Saint-Esprit. Lettere 181, 183. 1. Pour s'acquitter, Catherine devait dire, chaque vendredi»

qu'elle souhaitait avant tout : rhonneur de Dieu et de TEglise. Un messager fidèle remporta les remerciements de la Dominicaine. « S'il faut des martyrs, s'écriait-elle avec l'accent sincère qui convainc et entraîne, 'moi et mon Ordre, tous ensemble nous donnerons notre vie pour le Saint-Père *. »

Les lettres réitérées de Catherine au pape prouvent que, si elle n'était pas obéie en toutes choses, elle était du moins écoutée. Etre écoutée de Grégoire semblait chose facile, et toujours, Alphonse de Vadatcrra pouvait l'affirmer, le pape s'était montré heureux des messages de la bienheureuse Brigitte, maison se demandait si cette nouvelle parole, plus lumineuse encore que la première, porterait des fruits. Pareille aux prophètes de Tancienne loi, Brigitte avait éclairé l'avenir de Grégoire grâce à la vision prophétique dont elle était favorisée à un degré très exceptionnel ; au pape elle avait indiqué tout son devoir, le résultat de ses actes, les jugements futurs de Dieu. Catherine définissait les devoirs du Souverain Pontife en termes identiques, mais c'était l'intelligence même de Grégoire qu'elle tentait d'éclairer. A la suite de saint Jean, son maître depuis la vision de son enfance, elle dévoilait « la lumière qui luit dans les ténèbres et que le pape n'avait point comprise, la vérité faite par

33 Pater et Ave, pnis 72 Ave, Elle demanda aa Saiot-Père de lui imposer eu échange ce jour-là le jeûne au pain et à Tean. Cf. Lett. 228.

i. La Sainte raconte ces faits à Barthélémy dei Dominici et au P. Caffarini. Lettera 127. Sa seconde lettre au pape (rrégoire XI est perdue.

Jésus-Christ * » en toute existence humaine et avec des traits admirables en celle de son vicaire.

D'abord Catherine avait esquissé à grands traits l'état d'âme du pape : à grands traits aussi elle avait esquissé l'état de la chrétienté; maintenant elle entrait dans plus de détails : u Très Saint et très Révérend Père dans le Christ doux Jésus, lui disaitelle, je désire vous voir en paix avec vous-même et avec vos enfants. La paix, voilà ce que Dieu réclame de nous... il ne veut pas que nous nous occupions de la puissance et des richesses temporelles au point de ne pas voir quelle-destruction des âmes et quel déshonneur de Dieu cause la guerre. Dieu veut, continuait cette Sainte accoutumée à puiser la force de son apostolat dans la contemplation, Dieu veut que vous ouvriez Tœil de Tintelligence sur la beauté de l'âme et sur le sang du Christ qui a lavé la face de notre âme. Vous êtes le Ministre du sang, s'écriait-elle dans son langage empreint d'expressions familières aux Pères de l'Eglise, en particulier à saint Bernard ; je vous invite, à la faim de cette nourriture qui n'est autre que les âmes. Celui qui a faim de l'honneur de Dieu et du salut des âmes, pour les racheter laisse s'en aller* la vie du corps.

c Très Saint-Père, vous pouvez dire: En conscience, je suis tenu de conserver et de reprendre ce qui appartient à la sainte Église ; mais la

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