Jean Textraordinaire
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rhomme ne se repose point là, il n'est pas destiné à trouver le repos sur la terre.
■Catherine n'ignorait ni les institutions de Florence, ni les attributions diverses des pouvoirs de la République. Les sept Arts majeurs* ^t les quatorze Arts mineurs comprenaient, on le lui avait dit, 'non seulement tous les négociants et les ouvriers de la ville, 'mais encore beaucoup de nobles, contraints comme Dante à se faire inscrire dans d'humbles corporations pour sauver leur vie civile. Elle «avait que la Seigneurie , nommée à l'élection , chargée en temps ordinaire de la proposition des lois, du pouvoir exécutif, du droit de paix et de guerre, se composait du Gonfalonier de la justice et des huit Prieurs des Arts qui l'avaient appelée ; de plus, les lois étaient' votées : d'abord par des Collèges composés' des seize Gonfaloniers des milices populaires auxquels on adjoignait douze Buoni- Uomini , ensuite par le Conseil du peuple formé de quarante citoyens pris dans chaque quartier, des syndics de chaque art et des Capitaines du parti guelfe ; puis par le Conseil de la commune composé de deux cents citoyens • tirés indistinctement au sort, même parmi le^ Grands ou nobles, toujours opprimés dans l'Etat. Habituée à la simplicité du gouvernement divin, la Sainte lie pouvait s'empêcher de sourire en songeant que dans ces rouages si compliqués il avait encore fallu introduire trois étrangers : le Podestat, qui jugeait en matière civile et présidait au Conseil du peuple, V Exécuteur, qui jugeait les crimes contre les particuliers et l'Etat et présidait au conseil de la com-
mune, enfin le Magistrat des arts, qui était à la tête d'une sorte de tribunal commercial. Mais où Catherine voyait clairement la vanité des combinaisons humaines, c'est qu'au-dessus de tous ces pouvoirs il venait de surgir une puissance temporaire dominant tout, les Huit de la guerre.
A la porte S. Pierre les Prieurs des Arts reçurent la Siennoise. Nicolas Soderini voulait la conduire chez lui, près de sa femme Constance \ mais c'était le travail et non le repos que Catherine était venue chercher.Sans s'arrêter, même pour secouer la poussière du chemin, elle traversa l'Arno et suivit les Prieurs jusqu'à leur palais, royale demeure que la République venait d'élever à la Seigneurie en faisant, par un esprit invétéré de haine, porter à l'édifice nouveau l'ancienne trace des discordes civiles.
Les Prieurs seuls avaient appelé la Dominicaine; les Gonfaloniers, les Buoni-Uomini et, chose étrange, les Huit de la guerre eux-mêmes, se réunirent autour d'elle. Fatiguée par une marche longue et précipitée, plus pâle encore que de coutume, majestueuse, calme, Catherine parla d'une voix vibrante des torts et des devoirs de la République. Si son langage était en harmonie avec les sentiments de quelques Prieurs des Arts, il éveillait également de singulières espérances chez les Huit. Ces hypocrites, qu'un peuple en démence avait décorés du *nom de Saints , parce qu'ils prétendaient préférer leur patrie à leur âme, préféraient certainement leur autorité à leur patrie. Or ils