Ofât. I, II
du pape et lui remit pour son maître un pli scellé.
Ce fut au pont de Sorgues, dans la belle retraite où le Souverain Pontife se réfugiait pendant les accablantes chaleurs de Tété, que Thomas Petra lui rendit compte de sa mission et lui porta la réponse que Catherine faisait à sa lettre de la veille. Grégoire XI avait soumis un cas de conscience à la Sainte : les cardinaux^ s'appuyant sur Texemple de Clément IV, Tun de ses prédécesseurs, prétendaient que le pape ne devait pas prendre de décision sans le conseil du Sacré Collège. A cet exemple Catherine en opposait un autre, celui d'Urbain V, qui agissait sous la seule inspiration du Saint-Esprit. Avec une finesse tout italienne elle conseillait au timide Grégoire de répondre à la ruse par la politique ^
Peut-être le pape était-il retenu à la campagne par la maladie ; peut-être s^était-il laissé prévenir contre Catherine ; peut-être voulait-il la voir pour la première fois en présence du Consistoire, afin qu'on ne Taccusât pas d'entente secrète avec elle. Toujours est-il qu^au lieu de la recevoir tout de suite, il ne rinvitaà se présenter devant lui que le lendemain.
Catherine employa utilement la liberté qu'on lui laissait. Non loin de sa demeure, rue Saint-Jean, se trouvait un hospice rempfi de malades. Les Dominicaines cloîtrées de Sainte-Praxède, dont le monastère était situé hors des murs de la ville, utilisaient ainsi le don qu'en 1374 le cardinal de la Jugie leur avait fait de son splcndide palais * ; la