‹ Sainte Catherine de SienneChapitre 137 sur 282 · Cf. De vita regniari, II · texte numérisé non relu

Cf. De vita regniari, II

2. Sans doute Bertrand de Lagery, docteur en théologie, évêque de Glaudevez, qui passa plus tard au parti de Tantipape Clément VII. Du Ghesne. C£ I, II, 621.

V Angélus. La nuit tombait: il sortit avec ses compagnons^ se déclarant satisfait.

Quand Grégoire XI sut les détails de Tentrevue, il fit des excuses à Catherine et Tautorisa à fermer sa porte aux indiscrets. £n même temps la Bienheureuse était avertie par un de ses fidèles amis, François Casini*, médecin du Souverain Pontife, de Pimportante victoire qu'elle avait remportée. « Si on mettait sur l'un des plateaux d'une balance, ditil, la science de ces trois prélats, et sur l'autre celle de toute la cour romaine, la leur l'emporterait de beaucoup. >

Ainsi, même ceux qui blâmaient les conseils et entravaient les desseins de Catherine étaient contraints de lui rendre hommage. Leur témoignage ne fut pas inutile, et lui permit de nouer des relations avec d'autres prélats. Le 13 juillet, elle laissait voir de vagues espérances en écrivant à son disciple Sano de Maco. De quoi s'agissait-il ? Certes, point de la paix. L'arrivée des ambassadeurs florentins en fit évanouir les dernières chances. Aussitôt que Catherine avait su Pazzino Strozzi, Alexandre dell'Antella et Michel Castellani dans les murs d'Avignon, elle s'était portée à leur rencontre afin de les avertir des pleins pouvoirs qu'elle tenait de Grégoire XL Avec une coupable duplicité, les envoyés de la République lui répondirent qu'ils n'avaient pas mission de s'entendre avec elle. Etaient-ce là les promesses des Huit de la guerre?

1. Médecin siennoîs reDommé dans le monde entier. (Lett 224.) Ami de Pétrarque. Cf. Rer. Sen. XV, 2, 3.

Pazzino Strozzi prétendait-il ne pas reconnaître les lettres de créance qu'elle mettait sous ses yeux et qui obligeaient les ambassadeurs à la consulter? Prendraient-ils la responsabilité de renoncer pour leur patrie à une paix glorieuse? Les envoyés répondirent qu'ils refusaient de l'associer à leurs conseils. Les Huit jetaient le masque, ils ne voulaient pas la paix !

Dans sa douleur Catherine ne se laissa pas dé* courager ; elle écrivit à Buonaccorso di Lapo> citoyen influent de Florence, une lettre où elle relevait avec une impitoyable logique et flétrissait très éloquemment la politique sans courage, sans vertu, sans honneur, sans vérité de la République. Après avoir souligné le contraste eîitre les promesses que dictait la terreur, qu'arrachait l'intérêt, et les actes dont ces promesses étaient suivies ; après avoir mis enrelief « les paroles humbles par crainte et par nécessité pour les comparer aux actes qui répondaient peu au son des paroles, » elle se plaignait de l'orgueil des Florentins,de leurs offenses envers Dieu. Au repentir elle laissait toute porte ouverte ; elle montrait le pape à la veille de rentrer à Rome, elle conseillait aux coupables, justement ch&tiés, de se porter au-devant de lui pour obtenir miséricorde. Leur tortueuse politique lie peut atteindre et altérer la vérité, le bon droit est du côté de Grégoire : c'est lui qui a raison *.

Une partie de sa mission ayant échoué, la servante du Christ redoubla d'efforts en vue des deux

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