Fut-il jamais gent aussi vaine que la gent sienooise
Une, la sainte aimée des Provençaux, et se souvenant qu'on la piquait avec des aiguilles, sans qu'elle le sentit *, elle tira une longue épingle d'or de ses cheveux et perça à plusieurs reprises les pieds nus de Catherine. Mais si le sang jaillit et colora les scandales de l'Extatique, celle-ci ne fit pas un mouvement, car le sentiment de la souffrance ne lui vint qu'avec l'usage des sens, bien après le départ de la princesse. Les Tertiaires indignées prévirent alors que Dieu ne laisserait pas sans châtiment une pareille cruauté *.
Le bruit qui s'élevait sur ses pas parut à Catherine une épreuve de plus dans sa vie tant éprouvée et elle ne s'en troubla point; cependant pour une partie de sa suite elle désirait voir finir ce long séjour à la cour pontificale. Ses compagnes avaient atteint l'âge de paix où la lutte avec le monde extérieur est finie, l'âge où l'espérance n'est plus une passion, mais une vertu, l'âge où l'on ne peut guère se reprendre^ où l'on jouit déjà du don de soi-même que l'on a fait à Dieu. Lisa, Alexia, Françoise, ne lui inspiraient aucun souci. Il n'en était pas de même de ses disciples. Plusieurs d'entre eux parvenaient à cet instant de la vie où la terre fait ses dernières offres :
Tôt jorns veiretz que val mens huei que ier, « Tous les jours vous verrez qu'aujourd'hui vaut