Ep. Dom. Stepb, -^ St Rayai. II
avaient abattu les forces de Grégoire XL Les Génois et Campofregoso leur doge plébéien, hautains, entêtés de leur richesse et de leur pouvoir, accueillirent le pontife avec honneur, parce qu'ils espéraient l'entraîner dans une ligue politique. ]\ïais le pape songeait peu à conclure de nouvelles arlliances: derechef, tous ses projets, même le rétablissement du Saint-Siège à Rome, étaient remis en question. Les cardinaux, prompts à s'emparer de son esprit troublé par d'horribles tempêtes, lui avaient montré le ciel déchaîné contre lui, si bien que dans un consistoire public tenu à bord, le retour en Provence avait été résolu *.
La parole de Catherine releva ce faible courage. Grégoire XI, quittant le palais du doge, était entré dans celui d'Orietta à la tombée de la nuit, comme un coupable; il sortit le front haut. N'avaitil pas écouté l'admirable prière que l'Extatique faisait monter vers le ciel? Lui, Vicaire de Jésus- Christ, ne s'était-il pas entendu placer par Catherine en regard de son Maître, de ce Maître qui accomplissait la divine volonté au travers de toute souffrance? La Sainte ne lui avait-elle pas révélé la présomption, la pusillanimité, le peu de sens surnaturel de ses conseillers? Ne lui faisaitelle pas concevoir toute la beauté d'une vocation qui appelle à la paternité des âmes que l'Ascension du Christ laisse orphelines, d'une vocation par laquelle le Seigneur Jésus invite le pape à répandre TEsprit-Saint dans le monde en s'attachant